Nous avons eu un premier contact en consultation au cabinet et je vous ai proposé de vous accompagner dans votre démarche d’arrêt du tabac avec une prise en charge personnalisée. Selon les dernières études prés de 2/3 des fumeurs souhaiteraient mettre fin a leur consommation.

Choisir d’être aidé pour ne plus fumer est une bonne décision et augmente considérablement vos chances de réussir. Ceci est vrai pour toute les addictions.

Il existe beaucoup de moyens actuellement à votre disposition tant pharmacologiques (allopathie avec les substituts nicotiniques, cigarette électronique, homéopathie, phytothérapie…) que non pharmacologiques (sport, hypnose, relaxation, acupuncture, cohérence cardiaque, thérapie comportementale…).

Il faudra trouver ce qui vous conviendra le mieux en mélangeant plusieurs ingrédients.

Les premières pages de ce chapitre sont des considérations générales sur le tabac et ensuite vous trouverez le questionnaire que vous devez remplir complètement sans oublier de faire les totaux et me rapporter le jour de la consultation.

Prenez le temps de le remplir complètement car c’est à partir de celui ci que l’on pourra définir un plan de sevrage personnalisé.

Nous définirons ensemble la date de l’arrêt et le rythme des éventuelles consultations a venir.

Vous trouverez aussi une bibliographie et certaines informations concernant le tabac qui seront régulièrement mises à jour.

Vous pouvez aussi consulter les sites officiels du ministère de la santé.

Si vous aimez lire vous pouvez consulter un livre de poche santé, l’excellent ouvrage du Dr Robert West « No tabac » qui est une référence en tabacologie.

Le scandale du tabac

Le tabac est le produit commercialisé disponible le plus dangereux et responsable de 30 % de la mortalité en France.

L’industrie du tabac est surpuissante et ses bénéfices commerciaux sont colossaux. L’état et les politiques lui sont en général assujetti et les campagnes de prévention sont démagogiques et la plupart du temps inefficaces.

Une exception pour l’interdiction de fumer dans les lieux publics qui a  permis de diminuer le nombre total de fumeurs et de quasi stopper le tabagisme passif puisque les consommateurs ont pris l’habitude de ne plus fumer dans les espaces clos même chez eux.

De ce fait, aux États Unis le taux d’infarctus a chuté de 40 % et de 15% en Italie, Ecosse et Irlande.

En France l’effet n’a pas été visible car la loi s’est appliquée en 2 temps ; Loi Evin appliquée dés 1991  dans les entreprises, écoles, commerces, administrations, gares et aéroports, hôpitaux puis en 2008 cafés, hôtels, restaurants, discothèques.

L’augmentation du prix du tabac a condition qu’elle  soit importante et brutale, même si elle stimule les circuits parallèles de vente de cigarettes, s’accompagne régulièrement d’une baisse significative de la consommation en particulier chez les jeunes.

Cependant ces résultats encourageants doivent être relativisés car les complications médicales liées au tabac n’ont pas diminuées, ainsi que le nombre de jeunes consommateurs de moins de 20 ans. La toxicité du tabac est majeur lorsque l’on commence tôt.

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Par ailleurs il s’est constitué des noyaux de fumeurs durs qui ont plutôt augmenté leur consommation et ne se fréquentent qu’entre  fumeurs. Les femmes fument de plus en plus et comme les hommes il y a 20 ans songent moins a arrêter. Pourtant elles sont plus sensibles aux complications notamment cardiovasculaires.

De plus après la ménopause l’exposition au tabac est plus dangereuse que chez l’homme mais si elles viennent à bout de leur intoxication les bénéfices qu’elles en retirent sont plus importants.


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Plusieurs choses ont changées en 10 ans, ce  qui a mon sens a été efficace pour faire reculer l’industrie du tabac dans les pays développés.

Fumer n’est plus un critère de virilité comme le cow boy de Marlboro et à même un peu tendance à devenir « has been » voir quasiment antisocial. Les fumeurs sont à ce jour mal vus, considérés comme irresponsables, sans gêne, polluant… Bref ce sont les nouveaux boucs émissaires !

Notre société prône la liberté, la santé, le bio, le retour a la nature autant de valeurs en contradiction avec l’intoxication tabagique ( et d’ailleurs avec l’évolution sociale)).

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Donc fumer est passé de mode et c’est tant mieux mais il n’en reste pas moins que beaucoup de fumeurs ne parviennent pas à cesser seul leur intoxication et ont besoin des professionnels de santé pour les aider.

Car fumer est une addiction, et une addiction est une maladie relevant d’un traitement médical pour en guérir.

Comme pour toutes les addictions beaucoup de consommateurs pensent pouvoir s’en sortir seul.  En règle générale il y a déjà eu quelques tentatives d’arrêt qui ont échouées renforçant d’avantage le sentiment d’impuissance et de l’utilité des moyens de sevrage.


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Le fumeur victime de son addiction se renferme sur lui même, refuse d’évoquer le sujet surtout avec son entourage et tourne dans la bulle de son mental effrayé par les maladies éventuelles et impuissant face au produit. Parfois, chaque cigarette est fumée en se persuadant que ce sera la dernière. Seul moyen d’en retirer encore un peu de plaisir.

Il est très difficile de faire le premier pas et de prendre un rendez vous auprès d’un médecin pour parler de son intoxication et dans le détails (cf questionnaire ).

Sentiment de honte, de faiblesse, culpabilité, peur de la maladie, de la maltraitance de la part du medecin, souffrance du sevrage et de l’échec sont les raisons les plus fréquentes  empêchant ou ralentissant le sevrage. Ces émotions et sentiments sont  enfouis au fond du moi et protégés par une importante cuirasse corporelle. C’est pour cette raison que certains fumeurs se mettent vite en colère dès qu’on aborde le sujet ou l’esquive voir se lance dont une longue explication du pourquoi et du comment ils en sont arrivé là.Parfois faire tomber la façade est plus long que le sevrage en lui même.

Je ne sais pas qui, le premier, a évoqué le manque de volonté chez les fumeurs incapables d’arrêter seuls leur consommation. Est ce un scientifique, un médecin ou une notion est elle issue du bon sens populaire ?

Personnellement je n’ai jamais vue de fumeurs manquer de volonté mais uniquement des fumeurs angoissés a l’idée de se séparer du tabac.

Parler de manque de volonté est péjoratif. C’est un jugement de valeur profondément négatif concernant la personne elle même ce qui est maltraitant et contre productif.

L’acte de fumer peut être critiquable a bien des points de vue mais pas le fumeur lui même.

Par contre, en cas de complications liées au tabac refuser l’aide médicale proposé pour aider le sevrage tabagique devrait être une obligation exiger des pouvoirs publiques avant de continuer les soins.

En d’autre terme le Sécurité Social et les mutuelle accepteraient de prendre en charge un pontage par exemple pour une artérite des jambe que si le patient apporte la preuve qu’il s’est engagé dans un programme d’aide au sevrage tabagique.

Pour revenir à l’acte de fumer, on punit  un enfant pour ce qu’il fait mais pas pour ce qu’il est. C’est un notion peut être un peu subtile mais essentielle.

Ce qui est toxique c’est le tabac pas le fumeur.

Certains fumeurs veulent arrêter mais disent eux mêmes manquer de volonté. En fait cette manière de se sous estimer, de se traiter de nul cache bien souvent une blessure narcissique profonde et ancienne.

Car finalement l’addiction n’est qu’un symptôme. Fumer est bien souvent le symptôme d’un manque au sens large. C’est cette notion de manque qui fait le terreau de la dépendance aux produits psychoactifs.

Dans certains cas le sevrage tabagique devra s’accompagner d’un suivi psychologique et parfois même être différé si le fumeur est trop instable au plan émotionnel.

Pour revenir au MCV les études ont (enfin) démontré, qu’après un infarctus par exemple, le sevrage tabagique est bien plus bénéfique en thermes de pronostique que le traitement médicamenteux lui même.

On estime en effet, que le sevrage tabagique est 5 fois plus bénéfique que le traitement d’une hypercholestérolémie par statine et 3 fois plus bénéfique que le traitement de l’HTA en prévention secondaire c’est a dire pour les patients ayant déjà présentés un accidents cardiovasculaire.

Certains patients, même après un accident cardiovasculaire grave, cessent brutalement de fumer, se mettent aux sports et à la diététique, « oublient» de prendre leurs médicaments et le suivi chez le cardiologue. Nous les voyons de temps à autre et beaucoup ne vont pas si mal !

En ce qui concerne la prévention des autorités sanitaires de l’état, plutôt que d’interdire le tabac dans les squares pour éviter quelconque association psychologique entre tabac et plaisir chez nos touts petits ne pourrait – on pas plutôt  enseigner en faculté de médecine le sevrage tabagique afin de former les jeunes médecins, reconnaître le titre de tabacologue, d’honorer des consultations spécialisées et d’inciter toutes les structures hospitalières a ouvrir des consultations d’aide a l’arrêt du tabac. Autant de mesures simples, efficaces et peu couteuses.

Le seul moyen de diminuer le tabagisme serait d’enseigner aux futurs médecins  en fac de médecine le sevrage tabagique, reconnaitre le titre de tabacologue (comme les angiologues qui sont des médecins traitanst avec une formation supplémentaire) et de rémunérer les consultations. Autant de moyens simples et peu couteux…

Je ne suis pas certain que nos dirigeants aient réellement la volonté de diminuer le nombre de fumeurs en France

Voici quelques extraits du rapport de l’OMS de mai 2012 qui comporte plus de 350 pages :

  • Il y a plus d’1 milliard de fumeurs dans le monde et encore 15 millions en France ce qui représente 34 % de fumeurs (même % que pour les obèses). La France reste le pays d’Europe ou l’on fume le plus et loin devant la Grande Bretagne qui ne compte que 20 % de fumeurs.
  • Globalement, la consommation mondiale de tabac augmente, bien qu’elle diminue dans les pays industrialisés.
  • Presque la moitié des enfants de notre planète respire un air pollué par la fumée du tabac.
  • L’épidémie non infectieuse gagne maintenant les pays émergents et en voie de développement.
  • Plus de 80 % des fumeurs dans le monde vivent dans un pays en voie de développement.
  • Le tabagisme tue 5,4 millions de personnes par an, 1 personne toutes les 6 secondes et 1 malade sur 10. En France le tabac tue environ 73000 personnes par an (Source Inpes de 2014)
  • 1 fumeur sur 2 mourra de son tabagisme et 1 décès sur 4 est d’origine cardiovasculaire.. 80 % des infarctus avant 45 ans concernent des fumeurs.
  • Le tabac a tué 100 millions de personnes au XX siècle et en tuera 1 milliard à la fin de XXI siècle.
  • Un fumeur a une espérance de vie diminuée de 13 ans et une fumeuse de 15 ans.

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L’industrie du tabac n’est pas étrangère à cette progression du tabagisme dans le monde.

Voici ce que répond le directeur d’une  grande firme de cigarette, Rothmans Export Ltd quand on lui demande s’il juge moral de prendre pour cible les populations démunies et souvent affamées des pays émergents:

« Il serait stupide de dédaigner un marché en expansion. Pour ce qui est du dilemme moral, je ne peux rien dire. Nous sommes là pour satisfaire nos actionnaires » SweeneyJ, « Selling cigarettes to the Africans », The Independant Magazine, 29 octobre 1998.

Rappelons que les filtres des cigarettes ont été inventés pour faire fumer les femmes, comme les marques de vêtements (Marlboro) pour toucher les adolescents et les cigarettes parfumées au bonbon aux USA pour faire fumer les enfants.

Certains bébés fument dans le ventre de leur maman avec comme complication retard de croissance, petit poids de naissance et mort subite du nourrisson (x2)

Les bénéfices du sevrage
  • 20 minutes après la dernière cigarette : Les pulsations du cœur redeviennent normales.
  • 8 heures après la dernière cigarette : Le taux de nicotine et de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié.
  • 1 jour après la dernière cigarette : La nicotine est éliminée de l’organisme
  • 2 jours après la dernière cigarette : Le goût et l’odorat se réveillent
  • 3 jours après la dernière cigarette : Vous respirez plus aisément.
  • 2 semaines après la dernière cigarette : C’est visible sur votre visage : teint éclairci, cernes estompées
  • 3 mois après la dernière cigarette : Vous avez retrouvé votre souffle « d’avant »
  • 1 an après la dernière cigarette : Le risque d’infarctus du myocarde diminue de moitié et le risque d’accident vasculaire cérébral rejoint celui des non-fumeurs
  • 5 ans après la dernière cigarette : les cancers du poumon, des voies ORL, de la vessie… diminue de moitié
  • 10 ans après la dernière cigarette : votre capital santé est restauré entièrement. Sauf pour le cancer du poumon qui malheureusement peuvent survenir plusieurs dizaines d’années après le sevrage. Ceci reste rare et l’arrêt diminue le risque sans l’annuler.
Physiopathologie et effets des différents composants du tabac
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Méthanol, ammoniaque, arsenic, butane, méthane, toluène, acide acétique…

                  Les substances contenues dans le tabac et celles produites par la     combustion d’une cigarette.

1-Le monoxyde de carbone ou CO

Le CO, quand il est dans le sang, possède une plus grande affinité (200 fois) pour l’hémoglobine que l’O2 et se fixe donc sur les globules rouges a sa place, ce qui provoque des hypoxies importantes avec complications cardiovasculaires, cérébrales avec déficience des fonctions cognitives, fœtale chez la femme enceinte et impuissance chez l’homme.

Les organes sont irrigués par un sang désoxygéné et chargé en CO comme dans les intoxications au CO d’autrefois dues au poêle à charbon. Ce phénomène est immédiat mais 24 h après la dernière l’inhalation, le CO a complétement disparu dans le sang.

Mais l’hypoxie résulte aussi des obstructions vasculaires puisque comme le cholestérol  il se fixe sur les vaisseaux favorise l’inflammation vasculaire puis la constitution de plaques athéromes. La génétique compte pour beaucoup a ce niveau car de très gros fumeurs peuvent n’avoir que de minimes plaques et inversement.

A coté de ce mécanisme chronique qui se développe lentement avec le temps, beaucoup moins connu est l’effet aigu du CO qui provoque  spasme et  thrombose artérielle même sur des artères globalement saines.

Le spasme est la contraction des cellules musculaires du vaisseau qui se ferme brutalement et la thrombose la formation tout aussi brutale d’un caillot de sang obstruant l’artère.

Ces effets délétères résultent de l’activation plaquettaire, de la dysfonction de l’endothélium vasculaire et de la stimulation sympathique adrénergique.

Spasme et thrombose sont responsables des complications aigues du tabac plus rares mais bien réelles avec des infarctus aigus dit a coronaires saines ou optiquement normales, car les examens ne retrouvent pas de dépôts intravasculaire, en particulier après une activité physique ou sportive (cf les recommandations sur les bonnes pratiques des APS dans le chapitre sur le sport) .

En théorie il ne suffit que d’une cigarette voir d’un tabagisme passif, sur la terrasse d’un bistrot par exemple, pour être exposé a ces complications en sachant que de multiples facteurs émotionnels et environnementaux agissent sur la réactivité vasculaire. Il s’agit du terrain génétique, du degré de stress et d’hydratation, de la température ambiante, de l’alimentation… C’est pour ces raisons qu’il est dit qu’il n’y a pas de petit tabagisme actif ni même passif.

Pour terminer sur les effets du CO sur le lit vasculaire, autant les complications chroniques par encrassement vasculaire sont assez facilement détectables autant les complications aigûs comme la désaturation en O2 et surtout le risque de spasme et la thrombose sont impossibles a prédire par aucun examen standard.

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En tabacologie, le CO expiré est facilement mesurable  par un appareil dans lequel le fumeur souffle. La mesure du CO permet de connaître le degré d’intoxication et le cas échéant de confirmer la réalité du sevrage. Certains tabacologues l’utilisent aussi pour estimer le dosage des substituts nicotiniques à prescrire. Le CO peut aussi être directement dosé dans le sang, les urines et même la salive.


2-Les goudrons ou hydrocarbures

Ils sont hautement cancérigènes (mais classiquement a partir de 5 cigarettes/j et si la consommation a débutée après 20 ans) et induisent notamment tumeurs ORL, broncho-pulmonaires (99% des cancers du poumon surviennent chez des fumeurs et la survie a 5 ans n’est que de 10%) et de la vessie.

Mais ces substances toxiques augmentent le stress oxydatif de l’organisme et favorisent le développement de tous les cancers d’ou l’intérêt chez les fumeurs a prendre des antioxydants en prévention.

En ce qui concerne les cancers broncho-pulmonaires le meilleur traitement est le sevrage tabagique  avec alors un taux de survie > 50%.

Même au stade du cancer il n’est pas trop tard pour arrêter de fumer.

Par ailleurs les goudrons détruisent la muqueuse respiratoire, qui a l’arrêt peut se régénérer et faire tousser.

3-La nicotine
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Plante a nicotine

Au départ ce sont les plantes qui l’ont inventée, c’est un redoutable insecticide.

Ces plantes sont des solanacées qui comptent environ 2700 espèces dont la pomme de terre, la tomate, l’aubergine, les piments, les pétunias mais aussi des plantes psychotropes comme la belladone, la mandragore et le tabac. La nicotine est un moyen de défense contre les herbivores et les insectes.

En France depuis peu elle est interdite comme insecticide dans l’agriculture mais acceptée dans les cigarettes…

C’est un neurotoxique qui est apaisant a faible dose, stimulant a dose modérée et mortel a dose élevée.

Cependant dans la cigarette elle est inoffensive, mais responsable d’une forte dépendance physique. En effet elle mime les neurotransmetteurs. La nicotine est un neurotrans-menteur !

La nicotine ne met que 7 secondes pour passer des alvéoles pulmonaires au cerveau : c’est l’effet shoot 2 fois plus rapide qu’une intraveineuse. Un fumeur prend une dizaine de shoots par cigarette.

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Récepteurs a nicotine en blanc et a dopamine en jaune

La nicotine se fixe sur les récepteurs (en blanc sur le schéma ci dessus)  à l’acétylcholine, la dopamine, la sérotonine  et le noradrénaline du cerveau, des surrénales et des jonctions neuromusculaires.

Elle est initialement stimulante (via l’adrénaline) et apaisante (via la dopamine et l’acétylcholine) à faible dose puis puissamment  anxiogène à forte dose. Point important: ces récepteurs bloqués par la nicotine se démultiplient sur les membranes cellulaires se qui accroit d’avantage la dépendance.

Mais ces « neurotransmetteurs » sont naturellement auto-régulés (par des phénomènes de biofeedback rétroactif) contrairement à la nicotine. De plus la nicotine reste fixée bien plus longtemps sur les récepteurs.

Donc en résumer la nicotine se fixe sur les récepteurs des neurones pour stimuler notamment le circuit du plaisir et de la récompense. Cette stimulation est plus intense et plus prolongée qu’avec les neurotransmetteurs naturels produits par l’organisme. D’ou l’irrémédiable envie de refumer quelque tempos après avoir écraser la première cigarette de la journée.

Pour le tabac le degré de dépendance est de 32% et 23% pour l’héroïne, 17% pour la cocaïne, 15% pour l’alcool, 10% pour les amphétamines et le cannabis.

La nicotine prend en otage le SNA c’est la raison pour laquelle le traitement du sevrage doit impérativement viser a le rééquilibrer.

4-Les additifs et irritants

Ils potentialisent l’effet cérébral de la nicotine afin d’accroitre la dépendance sans augmenter la dose de nicotine par cigarette qui est actuellement réglementée.

5-Les aromes

Présents pour faire passer le mauvais goût du tabac, qui à l ‘état pur serait inconsommable…

Le tabagisme passif

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Vous consommez 50% de ce que votre voisin fume.

Les effets cardiovasculaires, dysfonction endo-théliale, agrégation plaquettaires, inflammation et spasme du tabagisme passif sont presque aussi importants que chez le fumeur.

Les fumées de  combustion de la cigarette elle même  (courant tertiaire) et expirer par le fumeur (courant secondaire) sont plus toxiques que la fumée directement inhalée (courant primaire).

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Les différents courants de la fumée.

Celles ci sont plus concentrées en CO (x4) et en carcinogènes (goudron et particules fines x 10). Les particules fines, présentent aussi dans la pollution atmosphérique sont de petites particules, qui de par leur taille, pénètrent loin dans l’arbre pulmonaire et passent plus  facilement dans le sang oxygéné alvéolaire et donc dans l’organisme.


Poids et Tabac

En moyenne le poids des fumeurs est inferieur de 4/5 kg par rapport aux non fumeurs sauf pour les gros fumeurs > 25 cigarettes/j qui s’associe souvent à l’obésité, l’alcool et la malbouffe.

C’est la nicotine qui est responsable de cette perte de poids du fait de la stimulation sympathique qui freine l’appétit (par l’augmentation du  neuropeptide Y qui est un puissant anorexigène) et diminue le stockage énergétique en augmentant la lipolyse et la glycogénolyse (consommation par l’organisme du gras et du sucre) et augmente la dépense énergétique.

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Le métabolisme de base est donc augmenté de 200 Kcal/j par paquet de cigarette. 200 Kcal/ j est l’équivalent d’1h de marche tranquille.

Pour éviter la prise de poids pendant l’arrêt qui semble être inexorable d’au moins 4/5 kg (ou bien plus si l’addiction a la nicotine glisse vers l’addiction au sucre ou au gras) il est nécessaire d’apporter de la nicotine dite propre (voir plus loin), d’augmenter les déperditions caloriques d’au moins 200 Kcal/j par la pratique d’activité physique (qui est une puissante arme antitabac) et d’utiliser les traitements homéopathiques freinant l’appétit.

Le contrôle du poids pendant le sevrage est important car la prise du poids est la troisième cause de rechute après le stress, l’irritabilité et l’envi irrésistible de refumer. C’est aussi un obstacle à l’arrêt.

Cependant si au début du tabagisme il est observé dans un 1 temps une perte de poids grâce a la stimulation sympathique de la nicotine, l’activation chronique du cortisol du système nerveux sympathique (comme dans le stress) finit par augmenter le stockage du tissu  adipeux abdominal avec augmentation du tour de taille (a poids égal) et insulinorésistance.

L’insulinorésistance est un puissant facteur de risque cardiovasculaire et peut évoluer en syndrome métabolique (cf le chapitre sur las FRCV) puis en diabète.

La sensibilité à l’insuline est réduite de 10 à 40% et est inversement liée au nombre de cigarettes fumées.

Si le tabac modifie le métabolisme du sucre il agit aussi sur celui des lipides avec hypertriglycéridémie et HDL cholestérol (le bon) bas.

Donc, la consommation de nicotine augmente le risque de diabète et d’hypercholestérolémie et le sevrage tabagique doit être proposé a tous les diabétiques et les patients souffrant d’une hypercholestérolémie avant d’envisager un traitement.

Pour toutes ces raisons l’aide d’une nutritionniste peut être précieuse en sachant que selon les études le moyen le plus efficace pour ne pas prendre du poids…c’est d’accepter dans prendre

Pour ne pas prendre du poids pendant le sevrage tabagiques: un peu (mais beaucoup est encore mieux) de sport pour perdre les 200 Kcal/j + nicotine propre.

Le tabac chez les femmes

Les femmes sont entrées dans le tabagisme  50 ans après les hommes avec le droit de vote en France à la fin de la deuxième guerre mondiale en 1944. A ce jour toutes les femmes peuvent voter et sont éligibles sauf en Arabie Saoudite. En France, en 1991, Edith Cresson (PS) devient la première et l’unique femme à accéder au poste de premier ministre.

La France fait parte des pays d’Europe ou les femmes fument le plus.

Les femmes sont plus sensibles que les hommes aux méfaits du tabac et tout particulièrement après la ménopause. Par contre les bénéfices liés à l’arrêt sont plus importants.

Le statut hormonal protège les femmes non fumeuses des accidents cardiovasculaires. Cet effet protecteur s’annule en cas de tabagisme. Après la ménopause le risque CV augmente très nettement et dépasse celui des hommes du même âge. C’est aussi vrai pour les troubles métaboliques, les APS, le stress.

Du fait de l’effet thrombogène  de la nicotine, les contraceptions orales sont fortement déconseillées et carrément interdites en cas d’antécédents personnels ou familiaux de phlébite, d’embolie pulmonaire ou d’infarctus.

 Tabac + pilule multiplient par 5 le risque des accidents thromboemboliques veineux et par 10 le risque cardio-vasculaire.

Cependant certaines pilules de dernière génération pourraient être prescrites après avis spécialisé.

Le traitement hormonal substitutif (THS) serait au plan cardiovasculaire plutôt protecteur à condition d’utiliser la voie percutanée et si il n’existe pas de pathologie vasculaire athéromateuse avérée A l’instauration d’un THS chez une patiente fumeuse il serait conseillé de réaliser un bilan vasculaire au préalable. En cas d’évènements cardiovasculaires il n’est pas obligatoire de stopper le THS si celui ci est prescrit depuis longtemps.

Au plan pulmonaire la mortalité par cancer pulmonaire augmente contrairement aux hommes et tend à dépasser la mortalité par cancer du sein. Le tabagisme actif ou même passif  augmente le risque du cancer du col de l’utérus (avec un risque x par 6 pour les non fumeuses infectées par le papillomavirus et x par 27 pour les fumeuses infectées), de l’ovaire et du sein.

Le taux de stérilité augmente par défaut d’implantation de l’embryon dans l’utérus.

En France, sur les 30 % de femmes fumeuses  en début de grossesse et il y en a 10 % qui parviennent a le stopper durant le premier trimestre mais encore 20 % (et la moitié fument > 10 cig/j) qui poursuivent leur tabagisme jusqu’à l’accouchement.

C’est le plus mauvais score d’Europe. La plupart de nos voisins sont entre 10 a 15 % de fumeuses a l’accouchement avec même 5% pour la Suède et l’Angleterre.

Cependant la plupart des futures mamans fumeuses diminuent assez facilement leur quantité de tabac du fait des modifications neuro-hormonales pendant la grossesse. Ou bien es ce le fait aussi de ne plus se sentir seules qui les aide a moins fumer ?

Pendant la grossesse les anomalies observées liées au tabac sont de type effet/dose :

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  • grossesses extra utérines.
  • fausses couches augmentent de 25%.
  • accouchements prématurés
  • retard de croissance intra utérin.
  • enfants morts nés
  • fentes labio-palatines ou bec de lièvre
  • cardiopathies congénitales
  • hypoplasies nerf optique

L’augmentation de la prévalence de ces anomalies chez les mamans fumeuses est liée au CO et non à la nicotine.

Il faut absolument chez une future maman proposer le plus rapidement possible de la nicotine propre par patch ou par cigarette électronique en cas de persistance même modérée du tabagisme.

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Énumérer les méfaits du tabac et donc de faire appel au bon sens du mental est contre productif chez la plupart des fumeurs (car l’addiction au tabac est une affaire émotionnelle).

Par contre exposer les risques qu’encourt le bébé peut dissuader rapidement une femme en ceinte de fumer pendant la grossesse.

Qu’un adulte puisse choisir de s’exposer à certains risques en connaissance de cause fait partie de la liberté individuelle mais qu’une maman engage la santé de l’enfant qu’elle porte  est inacceptable.Cependant les modifications hormonales de la gestation font que les futures mamans parviennent assez facilement a stopper leur tabagisme voir a grandement le diminuer.

Le CO a une affinité 200 fois supérieur à l’O2 sur les globules rouges et entraine chez le fœtus des hypoxies chroniques.

Le bébé est mal oxygéné et le % de CO dans sont sang est le double de celui de sa mère.

Le sevrage tabagique pendant la grossesse est spectaculaire et ultra bénéfique car toutes les anomalies fœtales observées et les risques de la gestation baissent en mois de 72 h.

Les mamans fumeuses qui allaitent ont une baisse de 50 % de la prolactine avec des montées laiteuses plus difficiles et un lait de moins bonne qualité.

Il faut espacer le plus possible allaitement et cigarette mais le mieux est d’utiliser des gommes a la nicotine après des tétées.

Tabac et sport

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Le tabac et en particulier la nicotine est bien connu des sportif et depuis fort longtemps pour son effets boostant. Certains sportifs et en particulier les skieurs et les hockeyeurs chiquaient du tabac pendant les compétitions avant qu’il ne soit considéré comme un produit dopant. Il était consommé sous forme de snus (poudre de tabac humide placé entre les dents et la gencive supérieure).

Cependant la pratique des APS est une aide précieuse pour arrêter de fumer. Les effets physiologiques du sport sur le cerveau sont multiples et participent a supporter le syndrome du sevrage.Aussi, les sensations physiques très positives, peut être oublié par le cerveau, du mouvement renforce l’estime de soi.Pour un tout jeune ex fumeur, pouvoir de nouveau trottiner ou faire quelques balades en vélo sans trop souffrir est très encourageant.


Tabac et insuffisance cardiaque

La nocivité du tabac sur les artères est bien connue et étayée par de nombreuses études scientifiques. En revanche sa toxicité directe sur le muscle cardiaque indépendamment de l’atteinte coronaire (par athérosclérose, insuffisance de vasodilatation ou même spasme en particulier à l’effort) est moins connue. Cette atteinte est diffuse et immédiate après 1 cigarette et concerne dans un premier temps la capacité du muscle cardiaque  à se relâcher entre 2 contractions.

Consultation d’aide à l’arrêt du tabac


Traitement du sevrage

En général il convient de commencer les différents traitements et de définir une date d’arrêt dans les 2 à 4 semaines après le début de la thérapeutique. Il faut traiter la dépendance physique avec de la nicotine propre, la dépendance psychologique avec l’homéopathie et la micro nutrition, et le stress qui est toujours sous jacent dans un sevrage.

La planification de la date d’arrêt n’est pas obligatoire mais parfois a trop attendre la motivation s’étiole. La recherche a tendance à montrer que le meilleur jour serait le dimanche.

Ce chapitre est important à lire pour vous car il existe tellement de méthodes de sevrage qu’il faudra trouver pour vous le cocktail le mieux adapté. Vous pouvez vous même commencer a réfléchir a ce qui vous conviendra le mieux en toute connaissance de cause.

A ce jour il existe une grande quantité d’informations médicales diffusées par les medias contradictoires, incomplètes ou franchement erronées  et il est bien difficile d’avoir un avis éclairé. Déconstruire les préjugés des patients (sur les patch, la cigarette électronique..) est une activité épuisante et chronophage lors d’une consultation. Tous ce qui suit est validé par les instances scientifiques.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais vous exposer les différents résultats de la recherche médicale en ce qui concerne le comportement des fumeurs.

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Je fume par plaisir

50 % des fumeurs disent fumer par plaisir mais il n’y a aucun lien entre ce plaisir ressenti et le degré d’addiction. Fumer par plaisir n’aura aucune incidence sur votre chance de réussite du sevrage.


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Je fume pour me déstresser

40 % des fumeurs estiment que le tabac les aide a lutter contre le stress.

Pourtant :

  • Les fumeurs sont en général plus stressés que la moyenne de la population.
  • Une semaine après le sevrage le fumeur se trouve nettement moins stressé qu’auparavant.
  • Un fumeur en sevrage voit remonter son niveau de stress si il refume.
  • Placés dans une situation anxiogène, des individus non fumeurs ayant absorbé de la nicotine voit leur niveau de stress augmenter.
  • Les anxiolytiques aident peut au sevrage.

Autant d’arguments pour penser que le tabac, via la nicotine est anxiogène (la FC augmente de 10 point) et lorsque le fumeur se dit être plus relaxer après sa cigarette c’est qu’en fait il revient a son niveau d’anxiété de non fumeur.

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Je suis accro à la cigarette

Prés de 40% des fumeurs se disent accro a la cigarette pourtant les études démontrent bien que leur chance de réussite est identique a celle des autres fumeurs et que la difficulté du sevrage n’est pas plus important.


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Je fume pour m’occuper

20% fument pour s’occuper l’esprit. Pourtant, la nicotine ne procure aucune réelle activité cérébrale.


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Je fume pour me concentrer

10 % seulement fument pour tenir a niveau leur capacité cognitive. Si le sevrage peut entrainer des troubles de la concentration, la consommation de nicotine, comme pour le stress, n’augmente pas la vigilance mais la fait revenir au niveau du non fumeur.


1-Homéopathie

Préparation.

L’homéopathie peut proposer des « traitement » du comportement.

*Le triste.

Vous vivez le sevrage comme un deuil, une séparation et vos émotions sont physiquement douloureuses et vous ne supportez pas la fumée des autres, elle vous donne la nausée.

Ignatia 7CH : 2 x 3 /j

*Le peureux.

Vous fumez parce que vous avez le trac ou pour vous donner un coup de fouet, du baume au cœur.

Gelsemium 9 CH : 2x 3 /j

*La sensible.

Vous êtes très émotive et vous vous protégez par un écran de fumée et quelques rondeurs.

Thuya 9 CH : 1 dose /semaine

*Le speed.

Pressé, mince, agoraphobe, très nerveux, migraineux, trouble digestif.

Argentum nitricum 9 CH : 2/j

*Le perfectionniste.

Anxieux, irritable, peur de la solitude, obsessionnel, exigeant, frileux, ne supportant pas l’odeur du tabac sur soi.

Arsenicum album 9 CH : 1 dose /semaine.

*Le convivial.

Bien portant, bon dormeur, aimant les alcools forts, amateur de pipe ou de cigare.

Medorrhinum 9CH : 1 dose/semaine. 

Sevrage

Ce sont des produits qui aident à la désaccoutumance mais qui doivent être pris dès la prise de décision d’arrêter, avec le traitement de tempérament. Il faut en renouveler la prise à chaque envie de fumer.

En 5 CH, 2 granules à chaque envie de fumer.

  • Asarum : donne un goût amer au tabac. Chez l’émotif.
  • Caladium seguinum : donne un mauvais goût au tabac. Chez le déprimé.
  • Lobelia : maux de tête, d’estomac, précordialgies et ES, signes respiratoires.
  • Nicotiana : malaises et sueurs froides.
  • Plantago 10 gouttes x 4 /j Provoque une aversion pour le tabac. Chez l’insomniaque dépressif.
  • Gelsemium 9CH : 1 dose/semaineDésaccoutumance aux drogues.
Le syndrome de sevrage

Besoin impérieux de nicotine, irritabilité, agressivité, manque de concentration, insomnie, dépression, agitation, fatigue, constipation, palpitations sont les manifestations physiques et psychiques du manque appelé syndrome du sevrage

@ Besoin impérieux de nicotine (2 granules à chaque envie de fumer)

  • signes respiratoire : Lobelia 5CH
  • triste : Caladium 5CH
  • insomnie : Daphne indica 5CH 

@ Symptômes psychiques 
♥ Irritabilité

  • Odeur du tabac insupportable : Ignatia 7CH: 2×3/j
  • Accès de colère : Nux vomica 9CH: 2×3/j
  • Accès de colère violente : Staphysagria 9CH: 2×3/j

♥ Franche agressivité : Chamomilla 15 CH: 2×3/j
Manque de concentration

  • Somnolence : Opium 30CH : 1dose/2j
  • Epuisement : Gelsinum 9CH : 2×3/j
  • Fatigue : Kalium phophoricum 9CH : 2×3/j
  • Triste : Phosphoricum acidum 9CH : 2×3/j

♥ Trouble du sommeil – Phytostandard Passiflore : 1 a 2/j

  • Difficulté d’endormissement et cogitation : Nux Vomica: 2 au coucher
  • Sommeil agité : Arsenicum album 9CH: 2 le soir
  • Chez les couches tard : Cocculus indicus 9CH: 2 au coucher
  • Contrariétés : Ignatia 7CH: 2 au coucher

♥ Passage dépressif  (1dose/s)

  • Sensation de solitude, jambes lourdes : Pulsatilla 15CH
  • Tristounette et docile : Sepia
  • Pleurs, peur du groupe et rougi facilement : Ambra Grisea 15CH
  • Repli sur soi : Ignatia 15CH  + Hyperactif : Nux vomica 15CH
  • Euphytose 3×3/j contient aubépine, valériane, passiflore

@ Fatigue (en 9CH et 2/j)

  • Triste et agité : Arsenicum album
  • Ralenti : Gelsenium
  • Physique et intellectuelle : Kalium phoporicum

@   Agitation 

  • Déprimé et méticuleux : Arsenicum album 9CH : 2 a 18h
  • Speed : Arsenicum nitricum 9CH : 2 au réveil
  • Sportif : Rhus toxicodendron 9CH 2 x 2/j
  • Jambes sans repos : Zincum metallicum 15CH :2/j

@ Grignotage et augmentation appétit    

  • Mal de tête, fatigue intellectuelle et ambivalence : Anacardium orientalis 9CH : 2 au réveil
  • Nostalgique du plaisir de la cigarette : Capsicum annum 9CH : 2×2/j
  • contrarié : Ignatia 9CH : 2×2/j
  • Gloutonnerie : Antimunim crudum 9CH : 2×2/j
  • Fringale : Staphysagria 9CH : 2×2/j
  • Boulimique : Oleander 9CH :2×2/j 

@ Symptômes cardiaque: palpitations, précordialgies

 Phytostandard Aubépine + Passiflore/ Mg2+/Omega 3

  • Soupir : Ignatia 9CH : 2×2/j 
  • Nervosité et tremblement des mains : Nux vomica 9CH : 2×2/j
  • Réveil la nuit avec pointe au niveau du cœur : Iberis amara 9CH :2×2/j
  • Extrasystoles : Convalaria 9CH : 2×2/j
Accompagnement tout au long du sevrage En homéopathie

Nux vomica 9CH: 2×3 /j  Médicament de désintoxication aux drogues il convient particulièrement aux tempéraments actifs avec recherche d’efficacité, qui consomment beaucoup d’excitants, tolèrent mal la contradiction, impulsif, sans rancune, aimant la bière et les plats épicés, gênés par l’odeur du tabac et le supportant mal (tremblements,  palpitations…).

Lycopodium clavatum 9CH : 2×2/j    Meneur, faisant le malin, la cigarette aide à s’imposer, avec problèmes digestifs.

Staphysagria 9CH :2 x4/j Frustré, forte dépendance tabac + alcool, impossible à vivre et à gérer ses colères, violences conjugales.

Phosphorus 9CH : 1dose/s  Besoin d’échange, aime les massages, fume pour la gestuelle, aime l’esthétisme, sensible au magnétisme. Traitement aussi de la dépendance à l’alcool et au cannabis.

2-Les substituts nicotiniques (SN) et apparentés

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Une bonne partie du traitement du sevrage consiste à apporter de la nicotine au cerveau du fumeur sans les goudrons et les gaz toxiques libérés par la combustion du tabac.

On parle de nicotine propre lorsqu’elle est apportée par un autre biais que  le tabac. Ils sont en général prescrits pour une durée de 2 à 3 mois. L’utilité des substituts nicotiniques est prouvée par de nombreuses études scientifiques a condition qu’ils soient utilisés correctement par le fumeur c’est a dire a dose efficace et suffisamment longtemps. En général le plus astucieux est d’associer patch et autres substituts d’action plus rapide de manière à reproduire le mieux possible la cinétique de la nicotinémie de la cigarette.

Indispensable en cas de  dépendance  physique forte (en pratique > 4 sur le Fagerström) et en général pour une durée minimale de 3 mois. Sur une ordonnance a part les substitus nicotiniques sont pris en charge par l’assurance maladie a la hauteur de 150 €.

Les SN n’induisent pas de dépendance car l’apport de nicotine au cerveau est progressif et toujours en moins grande quantité que par la cigarette.

Le risque d’intoxication a la nicotine n’existe pas car quelque soit le dosage du substituts la quantité de nicotine consommée restera très inferieure a ce qu’apporte la voie inhalée;

Par exemple une gomme dosée a 4mg correspond a une ½ cigarette pourtant dosée a 1 mg de nicotine.

Par ailleurs il est tout a fait possible d’utiliser des SN et de fumer en même temps. En général consciemment ou même inconsciemment le fumeur diminuera la quantité de cigarette consommées  ou tirera moins fortement dessus (le filtre sera moins noir).

Gommes à mâcher a 2 mg ou 4 mg (Nigogue, Nicorette, Nicotinell)

Les gommes à mâcher ont été les premiers substituts nicotiniques inventés dans les années 70 par la marine suédoise pour les sous mariniers.

Dose de 4mg en general.

Des que l’envie de fumer se fait sentir car il faut attendre 15 à 20 min pour que la nicotine diffuse au cerveau et que l’apaisement se fasse sentir. Certains préconisent d’en consommer 1 par heure.

Particulièrement indiqué pour gérer la prise de poids.

Les gommes ne se mastiquent pas comme du chewing–gum ordinaire sinon ils sont inefficaces car la nicotine sera absorbée par le tube digestif et n’ira pas au cerveau. Pour qu’elle soit absorbée par la muqueuse buccale il faut la mâcher quelques instants puis la placer contre la muqueuse buccale pendant une dizaine de seconde. Puis recommencer et ceci jusqu’à ce que la gomme n’ait plus de gout. Faites vous bien expliquer par votre pharmacien.

Comprimés à sucer (Nicopass, Niquitin)

A sucer pendant 20 min ou a laisser fondre. Plus discret. Toujours combiné au patch.

L’inhalateur

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Se tient comme une cigarette, avec une cartouche. A consommer comme les gommes et les comprimés.

D. comportemental et physique puisqu’il reproduit plus ou moins bien le shoot de nicotine. Largement détrôné par l’é-cigarette.


Patchs  (Nicopatch,Nicotinell, Nicorette, Niquitin)

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La nicotine diffuse très bien par la peau tellement bien que les ouvriers agricoles dans les champs de tabac s’intoxiquent souvent en manipulant les feuilles trop longtemps.

Pour être efficace le patch doit être mis 2 semaines avant l’arrêt.

Petit, moyen, grand, disposez le a un endroit différent chaque jour. A mettre avant la douche. Effet après 30 min.

Plusieurs formules : patch 16h du lever au coucher et patch 24h du lever au lever pour ceux qui veulent bien couvrir l’envie de la première cigarette du matin.

N’hésitez pas à utiliser de forts dosages quitte a baisser ensuite si vous ressentez des nausées.

Ils peuvent être coupés au ciseau pour diminuer la dose si besoin la dose.

Couvre assez mal la fin d’après-midi.

  • < 5 cig/j : petit patch
  • <10 cig/j : moyen patch
  • 10< cig/j <20 : 1 grand patch
  • 20<cig/j <30 : 1 grand patch + 1 moyen patch
  • >35 cig/j : 2 grands patchs
La cigarette électronique

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Le principe de la cigarette électronique  est de produire,par un chauffage doux, un aérosol de propylène glycol ou de glycérol avec ou sans nicotine. Inventé en chine par Honk Lik en 2006 la é-cigarette est disponible, aux adultes, sur un marché qui s’est développé de manière spectaculaire et on estime à 3 millions de vapoteurs en France en 2014. 400 000 fumeurs ont cessé leur tabagisme en France en 2015 grade a la é-cigarette

Son innocuité est bien démontrée et sa composition est connue et l’assertion « On ne sait pas ce qu’il y a dedans » est FAUSSE.

Dans l’é-cigarette il n’y a pas de CO puisque qu’il y pas de combustion, ni de goudrons et une quantité minime de produit toxique par rapport au tabac (pas de benzopyrène qui est un hydrocarbure cancérigène issu de la combustion, 100 fois moins de nitrosamine, formaldéhyde en).

Selon l’Office Français de Prévention du Tabagisme (OFT) coordonné par le Pr Dautzenberg, la e-cigarette ne contient aucune des 4000 substances toxiques et cancérigènes libérées par la cigarette classique.

La é-cigarette apporte au fumeur sa dose de nicotine à peu prés de la même  façon que les autres substituts nicotiniques et peut donc aussi être associée au patch.

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Les 2 composants de base du e-liquide sont le propylène glycol et la glycérine végétale qui sont d’usage courant dans l’alimentation, les cosmétiques et les médicaments pour empêcher les produits de se dessécher.Les produits de dégradation issus de leur combustion pourrait être toxique pour une temperature de chauffage > 250 degrés hors la é-cigarette chauffe a 60 degrés.

Ce sont aussi les mêmes produits utilisés dans le monde du spectacle pour créer des effets de scènes comme  simuler un brouillard.

En inspirant, l’utilisateur active la batterie alimentant une résistance qui vient chauffer et vaporiser le liquide contenu dans le réservoir. Il retrouve ainsi la sensation de fumer en inhalant cette vapeur de nicotine.Les fabricants y ajoutent  parfois des aromes mais autrement l’e-cigarette ne dégage aucune odeur particulière.

La majeure partie de la vapeur inhalée n’atteint pas le poumon et reste dans la bouche et les bronches ce qui fait que l’absorption de nicotine est moins rapide que dans la cigarette tabac. Cependant la plupart des vapoteurs  ont réellement l’impression de fumer.

Elle prend en charge les 3 dépendances ; psychique (simulation de l’effet shoot), physique avec plusieurs dosages de nicotine, ainsi que comportementale.

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La é-cigarette n’incite pas le consommateur à entrer dans le tabagisme comme certains détracteurs l’ont craint en particulier chez mes jeunes.Si un jeune veut fumer il demandera de tirer une tafe sur la cigarette d’un copain mais n’ira pas investir dans une e-cigarette.

Utilisée seule, elle n’est pas supérieure aux patchs pour un sevrage complet et durable.  En revanche elle aide à diminuer la quantité de tabac consommé et représente une étape intermédiaire intéressante pour le sevrage.

Un fumeur de é-cigarette est considéré à ce jour comme non fumeur. Il ne s’agit plus de fumer mais de « vapoter » La vente de cigarettes a reculé de 20% depuis l’é-cigarette.

En 2014, environ 1,5 million de Français l’utilisent de façon quotidienne et 98 % d’entre eux sont également fumeurs et 82 % affirment avoir pu réduire leur consommation de tabac. 0n estime que 400 000 personnes ont réussi a décrocher au moins temporairement grâce a elle.

Préférez les é-cigarettes de dernière génération et fournissez vous dans des magasins spécialisés afin de choisir l’arome qui vous convient le mieux et n’hésitez pas a demander des informations sur son mode de fonctionnement.

Sachez que le vapotage coute en moyenne deux fois moins cher que la cigarette classique.

Il existe aussi l’e-cigarette IQOS qui est un peu a part. Elle ne se vend pas en France mais on peu facilement la trouver a l’étranger. Elle est déjà commercialisée au Japon, en Italie, en Suisse, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et maintenant en Belgique.

Ce nouveau produit imaginé par Philip Morris se présente sous la forme d’un stylo dans lequel on introduit une cigarette filtre « raccourcie » qui, en chauffant, va produire de la vapeur. Il n’y a pas de dégagement de fumée et donc, pas de goudron ni de monoxyde de carbone. La nicotine atteint très rapidement le cerveau, ce qui rend cette cigarette donc particulièrement addictive. Avec l’e-cigarette, vous respirez de la vapeur d’un liquide avec ou sans nicotine. Ce liquide contient du propylène glycol et/ou la glycérine végétale, des arômes de goûts divers, éventuellement des additifs et de la nicotine. .

Si le géant du tabac se positionne sur l’e-cigarette, c’est notamment car les ventes de cigarettes ont chuté en Occident et le nombre de fumeurs n’a fait que diminuer ces 10 dernières années. De plus, la vente et la publicité sont strictement réglementée.

Pour conclure, afin de couvrir les besoins en nicotine propre dans un sevrage on peut proposer patch + gomme ou patch + é-cigarette en sachant que la quantité de nicotine apportée au cerveau sera toujours moins rapide et moins importante qu’avec une cigarette. Il est conseillé pour ces raisons de débuter la substitution 15 jours avant l’arrêt pour déjà habituer le cerveau à cette nouvelle cinétique de nicotine.

3-Les traitements allopathiques

La nicotine agit sur le cerveau.

Elle modifie la biochimie et les informations du cerveau en se comportant comme un neuromédiateur.Les neuromédiateurs sont de minuscules particules biologiques qui permettent aux différents neurones de communiquer entre eux et ainsi de véhiculer une  information.Le neuromédiateur est le trait d’union entre le psychisme et le corps. Une émotion modifie la chimie, l’activité et même l’architecture anatomique du cerveau.

Il existe beaucoup de neuromédiateurs mais 3 sont particulièrement connus.

La dopamine intervient dans le système de récompense. J’ai envie de fumer, je décide de fumer et allume une cigarette, la dopamine inonde les circuits intracérébraux. La dopamine est la molécule de l’addiction, de la dépendance quelque soit le produit consommé.

La noradrénaline est plutôt l’hormone de l’action ; je fume.

La sérotonine  est l’hormone du bien être : je me détends.

Synapse entre 2 neurones
Synapse entre 2 neurones

Pour fonctionner les neuromédiateurs sont libérés par un neurone dans un espace synaptique puis capturés par le prochain neurone grâce à des  récepteurs  spécifiques.

La nicotine se fixe sur les récepteurs de ces 3 neuromédiateurs et les stimule créant la dépendance c’est a dire envie/action /récompense/ bien être…Plus les récepteurs sont stimulés, plus l’organisme en fabrique de nouveaux et plus la dose de nicotine doit être importante pour obtenir les même effets de soulagement.

C’est la définition d’une substance addictive : il faut toujours augmenter la dose du produit consommé pour espérer maintenir les mêmes effets de soulagement.

Quand on décide de diminuer la dose le cerveau s’affole ; c’est le syndrome du sevrage.

Nous sommes touches par un mal bien français. Il nous faut des boucs émissaires et à ce jour le traitement chimique en fait partie.La suspicion concernant le traitement allopathique du sevrage tabagique est injuste et préjudiciable à certains patients qui auraient pu en bénéficier.

Quelque soit le sentiment de mal être perçu, physique ou psychique, c’est forcement le médicament qui en est responsable !!

La plupart des effets indésirables mis sur le compte du Champix ou du Zyban sont en fait tout bonnement les effets du sevrage en nicotine. Et la médiatisation infondée de leur toxicité et les rumeurs alarmistes viennent des puissants lobbies de l’industrie du tabac qui ne trouvent aucun avantage a voir diminuer le nombre de fumeurs.Par ailleurs éviter d’écouter votre entourage qui en général vous fournira des informations erronées et le plus souvent négatives et anxiogènes.

Pour être convaincu de l’innocuité de ces substances qui ont fait couler tant d’encre. Vous pouvez consulter les sites officiels de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), de l’HAS (Haute Autorité de Santé) et de la  Cochrane librairie (base de données des principales recherches scientifiques).

Ces 2 médicaments sont délivrés sur ordonnance.

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Champix 0,5 et 1 mg

Étayé par de nombreuses études le Champix est efficace dans le sevrage tabagique et les effets secondaires sont anodins (nausées et insomnies). Il serait un peu plus efficace que le Zyban et que les autres substituts nicotiniques. La dernière étude montrent une efficacité de 70 %  contrairement au patch 26 % en sachant que le placebo aide les fumeurs a arrêter de fumer dans 13 % des cas. Il est par contre contrairement aux autres SN contre indiqué chez la femme enceinte. Du fait de ses bons résultats (Service Médical Rendu) le Champix estremboursé par l’assurance maladie a 65 %

C’est un agoniste partiel des 3 neuromédiateurs qui fait que le cerveau n’a plus ce besoin impérieux de nicotine et donc de fumer. Le point important est que le Champix, en plus de se fixer sur les récepteurs nicotiniques,  inhibe le système de récompense , la dopamine. La dopamine est est le neuromédiateur qui permet la gratification de la consommation de n’importe quelles substance psycho-actives. Freiner le système dopaminergique intra cérébrale diminue le besoin de fumer.

. La durée du traitement est de 12 semaines ou plus et il faut le commencer 1 semaine avant le sevrage effectif.

J1- J3 : 0,5 mg
J3- J7 : 0,5 mg x 2
J7 : 1mg x 2

La rumeur du Champix.

Le Champix est principalement accusé d’occasionner des comportements agressifs, des comportements suicidaires et d’être dangereux pour le cœur. De sérieuses études scientifiques de grandes ampleurs ont démenti ces effets secondaires.

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Le Zyban 150 mg

Inhibiteur recapture la dopamine et de noradrénaline intracérébrale.

Antidépresseur, diminue le craving et le syndrome de manque et l’effet de récompense du tabagisme

1 cp a débuté 1 semaine avant l’arrêt puis 2/j
CI : convulsion, alcool, TCA


4-Micronutrition

La micro nutrition est très utile dans le sevrage tabagique mais aussi dans la prise en charge du stress, des états asthénies et de burn out, du surpoids. Comme il est dit plus haut la nicotine est neurotoxique en ce sens où elle va stimuler les récepteurs intracérébraux des neuromédiateurs physiologiques.

Sans nicotine le cerveau est dans un état  de manque il faut alors augmenter la quantité des ces neuromédiateurs. Le plus simple est  d’apporter d’avantage les précurseurs alimentaires de ces neuromédiateurs puisque que l’organisme ne peut les synthétiser seul.

La micro nutrition est l’étude des différents composants alimentaires actifs sur notre organisme. La micro-nutrition choisit plutôt de s’intéresser aux petits nutriments contenus dans les aliments comme les antioxydants, les minéraux, les vitamines, les précurseurs alimentaires de certains neuromédiateurs essentiels …

4-1-Les neuromédiateurs

Il se trouve que les neuromédiateurs intracérébraux cités plus haut sont composés de protéines que l’organisme ne sait pas fabriquer. Leur source doit être obligatoirement alimentaire. Les protéines sont faites à partir d’acides aminés et quand ceux-ci ne sont pas synthétisés par l’organisme ils sont appelés acides aminés essentiels.

Ils peuvent être à l’origine de carence.

Il est possible de dépister des états d’hypoactivité de ces neuromédiateurs par le  questionnaire DNS (Dopamine, Noradrénaline, Sérotonine) confirmer ensuite par des dosages sanguins effectués par des laboratoires spécialisés (non remboursé par la Sécurité Sociale).

Ce profil biochimique intracérébral est particulièrement intéressant dans l’aide au sevrage tabagique mais aussi dans le traitement de l’obésité, du stress, de la dépression, du burn out…

Voici quelques éléments qui peuvent faire suspecter une carence en ces neuromédiateurs :
Indifférence émotionnelle, atonie, tendance à la rupture de contact avec autrui, baisse de la capacité à se faire plaisir, à se gratifier, à prendre soin de soi.Au plan cognitif, difficulté d’apprentissage, trouble de la mémoire, trouble de l’attention.

Si il existe quelques uns de ces signes il faut aller plus loin avec le questionnaire DNS.

En ce qui concerne le tabac :

Dopamine : plaisir, dépendance → renforcement → envie d’en reprendre
Absence de nicotine : ↓ Dopa → manque → besoin d’en reprendre

Noradrénaline (NA) : éveil, stimulation centrale, ↑ concentration
Absence de nicotine : ↓ NA → humeurs ↓, anxiété ↑
Effets périphériques : ↓ lipolyse et ↑ poids

Sérotonine : humeur, faim
Absence de nicotine : ↓ Séro → humeur ↓, ↑ faim → prise de poids

Acétylcholine (Ach): mémoire
Absence de nicotine : ↓ Achè trouble mémoire

GABA : apaisement
Absence de nicotine : anxiété ↑

Le précurseur alimentaire de la dopamine et de la noradrénaline est la L tyrosine, (300 mg) elle même issue de la L-phénylalanine présente dans les protéines animales.La L tyrosine se retrouve dans de nombreux produit de micro-nutrition comme le Dynabiane: 1/j du laboratoire Pilèje.

Le précurseur alimentaire de la sérotonine est le tryptophane (500mg) que l’on retrouve dans le Neurobiane: 2/j du même laboratoire. A noter que la plupart des antidépresseurs chimiques agissent en inhibant la recapture intra synaptique de la sérotonine afin d’en augmenter le taux intracérébrale.

L’idée de la micro-nutrition d’en apporter d’avantage par voie alimentaire est véritablement séduisante.

Pour favoriser la cascade métabolique de ces neurotransmetteurs déficients il est important d’ajouter des Omega 3 et des complexes multi vitaminiques et d’oligo-éléments et en particulier du fer (si carence) qui sont les constituants des récepteurs aux neuromédiateurs.

La Rhodiole prend aussi en charge le déficit en dopamine.

La supplémentation en L-tyrosine ou tryptophane est souvent incontournable dans la prise en charge du sevrage tabagique.

Il est difficile de consommer ces deux protéines en quantité suffisante par le seul biais de l’alimentation. Le recourt aux produits de micro nutrition est une manière simple, efficace, moins couteux et sans danger pour traiter une carence en neuromédiateur. Le traitement du sevrage tabagique est déjà lourd et compliqué et il me semble difficile d’y rajouter des conseils diététiques assez strictes pour que le futur ex fumeur puisse combler ses carences en protéines essentielles par le seul apport alimentaire.

Cependant a titre informatif : 

Aliments riches en tryptophane (Trp) : protéines animales et céréales

  • Lait : 4% de protéine avec 15 mg de Trp/100 g de protéines
  • Œuf : 13 % de protéine avec 12 mg de Trp/100 g de protéines
  • Viandes de volailles
  • Riz : 3 % de protéine avec 11 mg de Trp/100 g de protéines
  • Spiruline : 57 % de protéine avec 16 mg de Trp/100 g de protéines
  • Abricots secs : 21 % de protéine avec 18 mg de Trp/100 g de protéines
  • Boulgour : 3 % de protéine avec 16 mg de Trp/100 g de protéines
  • Levure de bière : 53 % de protéine avec 32 mg de Trp/100 g de protéines
  • Chocolat noir, au lait : 5 à 8 % g de Trp/100 g de protéines

Ainsi que les bananes, les kiwis, l’ananas, les prunes, les noix et noisettes.

Aliments riches en tyrosine (Tyr) : fromage, lait, riz

  • Amandes : 21 % de protéine avec 79 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Avoine : 17 % de protéine avec 87 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Épinards : 3 % de protéine avec 81 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Camembert : 20 % de protéine avec 114 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Parmesan : 36 % de protéine avec 110 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Lait entier : 3 % de protéine avec 98 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Levure de bière : 53 % de protéine avec 156 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Œufs : 13 % de protéine avec 94 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Riz : 3% de protéine avec 86 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Soja : 17 % de protéine avec 90 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
  • Yaourt : 4 % de protéine avec 104 mg de Phe + Tyr/100 g de protéines
4-2-Le magnésium (Mg2+) (cf aussi traitement du stress)

C’est une substance minérale capital qui préserve l’équilibre nerveux et musculaire et régule le rythme cardiaque.

Il est antioxydant, anti arythmique, décontractant musculaire, apaisant mentalement, boostant physiquement (sportif) et intellectuellement (étudiant)…

Il est en chute libre dans notre organisme dès que le stress s’installe et provoque les symptômes de la « spasmophilie » ; hyperexcitabilité nerveuse et musculaire avec crampes, fourmillements, insomnie, signes cardiaques, majoration du stress..

25% de la population est carencée en Mg2+ en raison du mode de vie et d’une alimentation trop pauvre en fruits, légumes, céréales complètes, oléagineux ou légumes secs mais aussi en cas d’abus de café, de thé.

La plupart des fumeurs présentent des carences en magnésium qui vont s’aggraver au cours du sevrage.

Les Apports Journaliers Recommandés (AJR) sont approximativement de 400 mg/j.

Pour connaître vos besoins quotidiens exacts multipliez votre poids en kg par 6. Par exemple une femme de 55 kg doit consommer 55 x 6 = 330 mg/j.

Pour traiter une carence il faut commencer par une dose d’attaque a 300 mg x 3 /j pendant au moins 10 j puis les AJR pendant 2 mois. Si les symptômes réapparaissent dés l’arrêt de la supplémentation il est possible et sans danger de reprendre le traitement au long court.

Pour que le Mg2+ soit efficace, c’est a dire qu’il passe la barrière digestive puis entre dans les cellules de l’organisme il doit être associé a de la taurine (dynamisant, antioxydant, anti-arythmique et anticonvulsivant) et de la vitamine B6. Pour augmenter l’efficacité de la supplémentation en Mg2+ on peut consommer en plus des Omega 3, les vitamines E, C  B et surtout, du sélénium, Zinc, des polyphénols et des caroténoïdes.

Il est toujours préférable de consommer ces substances actives directement dans l’aliment pour bénéficier de l’ensemble des réactions enzymatiques nécessaires à leur efficacité. L’industrialisation des produits alimentaires ne peut pas garantir la conservation de tous les nutriments utiles à notre santé contrairement aux produits de phytothérapie, d’oligothérapie et de micro nutrition. Il est cependant préférable d’avoir recours a une prescription médicale même pour un produit aussi simple que le magnésium.

Source de Mg2+ :

Poudre de cacao (410 mg/100g), amandes (255 mg/100g), escargot (250 mg/100g), graines de soja (240 mg/100g), Noix du Brésil (225 mg/100g), Noisette (150 mg/100g), Noix (135 mg/100g), pain complet (130 mg/100g), petit pois (125 mg/100g), maïs (120 mg/100g), riz complet (115 mg/100g), oignon (110 mg/100g), banane sèche, chocolat noir (100 mg/100g)…

  • 100 mg de Mg2+ : 1 tablette de 100 g de chocolat noir ou 1 grosse poignée d’amandes (50g) ou 1 bonne assiette d’épinard (200g)
  • 75 mg de Mg2+ : 1 petite assiette de pourpier ou de blettes ou 1 gros bulbe de fenouil
  • 50 mg de Mg2+ : 10 noix ou 12 abricots secs ou 1 assiette de lentilles cuites (200g)
  • 25 mg de Mg2+ : 1 banane ou 10 pruneaux ou 2 tranches de pain complet.

5-Thérapies cognitives et comportementales (TTC)

Il s’agit de désapprendre à votre cerveau le réflexe tabac déclenché par certaines émotions et certaines situations

Vous n’êtes pas né avec l’envie de fumer mais avec l’envie instinctive de vivre. Si votre cerveau a appris ce comportement de fumer il est aussi capable de le désapprendre.

image432Les TCC, en modifiant progressivement le comportement du fumeur, incitent le cerveau à créer de nouvelles connexions neurologiques modifiant ainsi sa réponse mental par les pensées et émotionnelle au même stimulus. Par exemple stress = tabac pourrait se transformer en stress = footing !!

Ce processus bien connu des neurologues fait intervenir les récentes notions de plasticité cérébrale.

La modification d’un comportement se traduit par une modification du traitement de l’information au plan neurologique.Si une voiture passe plusieurs fois de suite sur le même chemin de terre, les ornières seront de plus en plus profondes et le conducteur du véhicule n’aura plus d’autre choix que de continuer tout droit.

Il en va de même des neurotransmetteurs qui en utilisant toujours le même réseau de neurones facilitent au fur et à mesure leur passage. Si le chemin est de moins en moins utilisé, les ornières seront moins profondes et notre conducteur pourra changer de route.

Changer d’habitude implique de quitter un comportement, puis de le remplacer. Mais il peut s’agir d’une opinion, d’une croyance qui nous concerne et nous gouverne.

Si dans votre enfance le maître mot était « On ne change jamais » il sera bien difficile pour vous, même des dizaines d’années plus tard de croire en votre capacité à arrêter de fumer.

C’est probablement ce qui est responsable de nombreux échecs de sevrage, car un fumeur est un individu à part entière avec un corps qui a besoin de nicotine et il est facile de lui en donner mais surtout un psychisme avec notamment des contenus inconscients refoulés du passé.Ces matériaux psychiques sont invisibles à l’œil nu mais ils n’en sont pas moins bien réels et parfois très actifs.

Vouloir déprogrammer le cerveau pour le reprogrammer ensuite est possible et les instances de santé reconnaissent l’utilité des TCC dans le sevrage tabagique.

Par ailleurs, il existe chez tous fumeurs des déclencheurs de l’envie de fumer. Certains sont évidents comme la cigarette après le repas ou au café.

Mettre en évidence ces propres déclencheurs permet d’éviter les situations a risque qui vous donnerons envie de fumer.

Par exemple, certains conseils sont très basiques comme de changer de trottoir si vous avez l’habitude de fumer en attendant le bus.

Pour certains il peut être utile de réfléchir sur sa future identité après le sevrage. Serez vous « ex-fumeur »  avec sous entendu une possibilité de rechute ou « non fumeur » c’est a dire une personne qui n’a jamais fumé et qui ne vot aucun intérêt à s’ y mettre.

Pour ceux qui présentent une dépendance psychique au tabac qui n’est pas trop importante, vous pouvez lire les lignes qui suivent et pratiquer ces exercices.

Pour d’autres, il sera plus efficace de consulter un addictologue ou de vous adresser au service d’addictologie qui vient d’ouvrir au CHU de Dijon .

Trouver ou renforcer sa motivation

Pour changer il faut « avoir envie », « se sentir capable » et « être prêt »Le besoin de liberté est commun à tous les êtres humains. Chacun de nous aspire à d’avantage de liberté et à mon avis beaucoup de fumeurs sont motivés pour se libérer du tabac mais la peur de souffrir, de devenir irascible, de grossir…les freinent et les en empêche.

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Ce besoin d’indépendance en particulier par rapport a un produit toxique qui fait plus de mal que de bien est plus ou moins enfoui dans la psyché et parfois même complètement inconsciente. Il peut être très difficile de le recontacter au fond de soi mais il existe certaines techniques.

  • Vous possédez une motivation intrinsèque et votre propre potentiel de guérison ; soyez-en convaincu.
  • Soyez bienveillant et indulgent à votre égard, au fumeur qui est en vous et parlez-lui comme à un enfant sans pour autant vous complaire dans le rôle de la victime.
  • Écoutez la voix en vous qui évoque l’ambivalence << je veux cesser de fumer  mais…>>
  • Parlez à voix haute en alternant le rôle du médecin et du fumeur : « quand j’entends ce que je raconte, j’apprends ce que je crois » .
  • Posez-vous des questions ouvertes.
  • Récapitulez les arguments pour et contre. Le choix d’arrêter vous appartient et ce n’est pas la décision de votre entourage ni de vos  proches.
Fumer en pleine conscience. (Mindfulness, cf aussi chapitre sur le stress).

Fumer en pleine conscience avant l’arrêt définitif est a mon sens indispensable.

Pratiquer la pleine conscience, c’est abandonner le pilote automatique et être présent..

Trouvez un endroit calme où vous isoler et où vous ne serez pas dérangé à l’extérieur.  Respirez profondément par le ventre et relaxez-vous.

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Le plus lentement possible allumez votre cigarette après l’avoir observée en détail, en vous concentrant sur tous les gestes, la flamme du briquet, l’extrémité rouge de votre cigarette, le contact du filtre sur vos lèvres, le goût dans la bouche, la fumée inhalée, en tirant doucement sur votre cigarette, qui réchauffe vos poumons jusqu’au mégot que vous allez écraser. Sentez le mégot sous vos doigts puis fixez-le et observez les moindres détails. 

Le fondateur de la clinique de réduction du stress aux États Unis, le Pr Jon Kabat Zinn, définit la pleine conscience comme « un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention intentionnellement au moment présent, sans juger, sur l’expérience qui se déploie moment après moment ». Cette technique est directement issue de la méditation bouddhiste

Répétez cet exercice autant que possible durant la période qui précède la date d’arrêt. A ce moment-là vous n’êtes plus assujetti à votre dépendance mais vous la regardez en face. C’est un excellent début…

Si vous le sentez, fermez les yeux et essayez de vous souvenir le jour de votre première cigarette ; la saison, l’endroit, les personnes autour de vous, vos sensations, ….et quel a été l’élément psychologique qui vous a fait recommencer.

Vous pouvez ensuite faire ces exercices de pleine conscience mais en étant un peu plus « réaliste ». La fumée entre dans vos poumons et le goudron noirâtre et gluant se dépose sur vos bronches et les alvéoles pulmonaires ainsi que dans vos vaisseaux qui se bouchent lentement…Personnellement je ne suis pas partisan de cette dernière méthode car elle peut augmenter la culpabilité, l’anxiété qui sont les deux principaux freins au sevrage.

En revanche cette technique de visualisation peut permettre de travailler l’ambivalence entre le plaisir de fumer et la réelle toxicité du tabac.  Certains parviendront facilement à pratiquer ces exercices mais d’autre s’en agaceront rapidement. Dans ce cas n’insistez pas, il vous faut autre chose.

Observez avec cette méthode si le nombre de cigarettes fumées et l’envie de tabac se sont modifiés.

Si malgré tout le pilote automatique est toujours présent, et que vous continuez d’allumer, par exemple, une deuxième cigarette alors que la première continue de se consumer  dans le cendrier, fumez de la main gauche et/ou changez de marque de cigarettes.

 

Remplacer le tabac par un autre plaisir

Mais ceci suppose que vous ayez trouvé au préalable votre vraie raison de fumer. Après avoir écarté les fausses bonnes raisons (« j’aime ça », « par habitude »…) recherchez pourquoi il vous faut, a vous, quelque chose en plus pour vivre, quel manque profond essayez vous de combler et a quoi ressemble votre peur d’arrêter.

Ce travail, très difficile, peut être fait seul mais sera probablement plus efficace avec un professionnel de santé.

Vous pouvez assez facilement savoir (notamment en remplissant le questionnaire)  si le tabac vous relaxe, vous sédate ou bien vous booste et vous stimule (en particulier pour ceux qui travailent la nuit ou ceux qui ont du mal a se réveiller le matin)

En ce qui concerne les activités qui peuvent « remplacer » le tabac, le sport est probablement la plus efficace et pour de multiples raisons.Le sport renforce la motivation, l’estime de soi, l’envie d’avoir un corps sain. Il procure bien être par la sécrétion des endorphines et dégoute du tabac (si vous n’en este pas convaincu faite un footing et imaginez vous fumer en même temps…). Parfois préférez les pratiquer en groupe pour éviter de penser a fumer.

Mais ce peut être une activité artistique, du yoga, la pratique de la cohérence cardiaque, de la méditation en pleine conscience qui peut être pratiquée en dehors de l’acte de fumer…

Toutes les activités sédatives sont les bienvenues.

Après lA preparation et au moment du sevrage.

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Dites-vous que l’arrêt du tabac est la  priorité n°1 et planifiez votre semaine en évitant le plus possible les situations stressantes et les lieux où la tentation sera trop grande. Fréquentez les endroits où vous ne pouviez pas fumer (cinéma, restaurant…).

Planifiez des stratégies de diversion lorsque l’envie de fumer vous assaille en vous souvenant qu’elle ne durera que 90 sec ; respiration abdominale, substituts nicotiniques d’action rapide, homéopathie, boire de l’eau … et pensez à utiliser vos doigts (se vernir les ongles, tripoteur un objet fétiche…). Supprimez briquets, cendriers, allumettes.

Certains préfèrent jeter leurs cigarettes et d’autres conserver un paquet non entamé dans un endroit peu accessible. Ne vous repliez par sur vous et parlez de vos difficultés autour de vous

Oubliez la culture du résultat et considérez que chaque cigarette non fumée est une un pas de plus vers le sevrage définitif.

En cas de rechute

Vous n’êtes pas redevenu fumeur pour autant !!  Ne vous accablez surtout pas car c’est la stratégie préférée du fumeur qui est en vous « je te l’avais bien dit », « tu n’as pas de volonté », « tu n’y arriveras jamais »… Au contraire la rechute fait partie du sevrage. Relisez votre dossier et il faudra travailler sur la cause de la rechute.

6-La cohérence cardiaque

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Vous pouvez vous reporter au chapitre correspondant sur la cohérence cardiaque. Ce qui suit est directement inspiré du livre de David O’hare « je ne veux plus fumer avec la cohérence cardiaque ».

Sa vision du sevrage est originale et particulièrement pertinente. Le seul point négatif est qu’elle retarde et alourdit le sevrage effectif puisque il faut apprendre la méthode avant l’arrêt.

Comme il est expliqué plus haut la nicotine, au plan cérébral, se fait passer pour un neurotransmetteur (l’acétylcholine) et ainsi modifie le SNA provoquant l’addiction.

De récentes études avancent l’hypothèse que ce n’est pas la nicotine seule qui crée la dépendance mais le tabac lui même.

Il n’en reste pas moins que le déséquilibre du SNA participe à la dépendance psychologique.

La cohérence cardiaque en rendant consciente la respiration  est probablement l’une des meilleures techniques pour rééquilibrer le SNA en agissant sur la branche sympathique à l’inspiration et la branche parasympathique a l’expiration.

La pratique du calmexpress (après maitrise du 365) recentre instantanément votre SNA au moment ou il en a le plus besoin : un déséquilibre interne est perçu par votre inconscient et  le corps cherche a compenser en stimulant le SNA soit par le cortisol soit par la nicotine qui en mime les effets.

Le plan de sevrage avec la cohérence cardiaque se décompose en 4 étapes :

✔ Étape 1 : Le 365

Pratiquer 365 (matin, avant le déjeuner du midi, vers 16h +/- au coucher) avec tabac « a volonté » mais en notant quotidiennement le nombre de cigarettes fumées. La cohérence cardiaque a induction respiratoire donne l’effet maximum de stimulation alternée du SNA et c’est exactement se que fait la nicotine.

3-6-5 c’est respiré 6 fois par minute pendant 5 minutes et ce 3 fois par jour soit 30 respirations au total pendant la journée.

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La respiration abdominale

1 respiration dure 10 seconde soit 5 secondes d’inspiration et 5 secondes d’expiration. En gardant le dos bien droit inspirer par le nez et expirer par la bouche et utiliser l’abdomen (respiration abdominale en gonflant le ventre a l’inspiration et en le creusant a l’expiration). Pour trouver la bonne fréquence respiratoire de 6/min, il existe  sur  smartphone ou ordinateur des applications gratuites.

Pour passer a l’étape suivante si vous n’êtes pas sûr de vous, vous pouvez repasser le test de motivation (avec score > 10 ou > au score initiale), le test de dépendance a la nicotine et le test d’évaluation de la réussite (avec score > 10 ou > au score initiale) ainsi que le test HAD (avec score < a celui de la première évaluation).

En général la durée de cette étape est de 3 semaines.

✔ Étape 2 : Le calmexpress

Pratiquer 365 + calmexpress (6 respirations en 1 min) à la demande et dès que vous ressentez une émotion désagréable.

Vous obtenez un équilibre quasi instantané émotionnel et du SNA. L’idée est de remplacer progressivement l’effet de la nicotine par cet exercice respiratoire très simple. 1 semaine est en général suffisante ou la pratique d’une trentaine de calmexpress pour passer à l’étape suivante.

Cigarettes toujours a volonté et notez votre consommation.

Étape 3 : la désensibilisation

Pratiquer 365 + calmexpress à la demande + calmexpress avant chaque cigarette fumée en pleine conscience.

C’est une manière de casser la boucle réflexe et d’insérer dans le schéma inconscient du fumeur (déclencheur, émotion, pensée, décision, action, récompense et renforcement) un espace de contrôle entre la décision et l’action.

Par ailleurs c’est aussi l’occasion de remplacer ou plutôt a ce stade d’associer le déclencheur de l’envie de fumer au calmexpress. Il n’est pas utile de connaître la nature exacte du déclencheur. Ils sont de toute façon trés nombreux.

Après cette minute de respiration consciente vous pouvez ne pas fumer la cigarette que vous avez sorti du paquet mais uniquement si vous n’en avez réellement plus envie.

A ce stade il n’est pas question d’intervenir sur l’action de la nicotine mais de réduire le pouvoir des déclencheurs et de briser les schémas inconscients automatisés qui vous amènent a fumé. Cigarette toujours « a volonté »

 Étape 4 : l’instant décision

Pratiquer 365 + calmexpress à la demande + calmexpress avant chaque cigarette + arrêt sur la décision 

Vous ne pouvez pas décider pour la vie, pour une année pour une semaine ou même pour une seule journée. Vous décidez pour une 1 cigarette, un seul instant, quelques minutes ; ça c’est possible (d’autant que l’envie de fumer dure 90 sec).

Vous ne pouvez pas prendre un engagement pour les 7300 déclencheurs (recensés par les tabacologues) émotionnels, stresseur, irritant et autres que vous ne soupçonnez même pas.

Les grandes décisions pour le long terme sont impossibles à tenir.

Soyez honnête avec vous même, soyez juste, soyez tolérant, soyez patient et surtout soyez aimant.

Il n’y a pas une seule émotion négative qui soit favorable au fumeur. L’honnêteté et, la justice, la tolérance, la patience et l’amour sont récompensés par des bouffées d’ocytocine, de sérotonine et de dopamine, des neurotransmetteurs qui vous mettent sur la bonne voie et vous font prendre les sages décisions.

L’étape 4 est celle de la décision ou après avoir effectué votre séance de calmexpress, vous tenez votre cigarette à la main. L’important c’est l’instant, le maintenant. Le choix que vous  allez prendre se fait en pleine conscience.

Soit ne pas fumer et supporter la frustration du sevrage en sachant qu’à chaque instant vous pouvez décider d’abréger ce moment difficile …en allumant une cigarette. Soit fumer en sachant que ce n’est pas une cigarette de plus qui changera votre état de santé.

Mais c’est vous qui décidez.

7-Acupuncture et Digitopressure

Méthode ancestrale issue de la médecine chinoise consistant à stimuler  les relais énergétiques de certains méridiens de l’organisme par aiguille ou par pression digitale.

L’acupuncture vise au rééquilibrage des énergies opposées et complémentaires le Ying et le Yang (correspondant au système sympathique et parasympathique) de chaque organe.

La médecine chinoise traite le versant énergétique  de l’organisme. Les organes sont appréhendés qu’à travers leur relation avec les autres parties du corps et chacun d’eux est associé à une saison, un élément, à une émotion.

Le cœur par exemple est associé au feu, à l’été, à la joie.

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Points a stimulé pour un sevrage

L’acuponcture est le traitement psychocorporel par excellence.

Elle est maintenant pratiquée dans beaucoup de CHU en France.

Les méridiens de l’acuponcture peuvent être travaillés aussi par le mouvement comme dans le yoga.

En ce qui concerne le sevrage tabagique, l’acuponcture est surtout utile pour supporter le syndrome de sevrage, le manque du tabac et moins pour « faire arrêter de fumer ».

Les points d’acuponctures sont très précis et pratiquer cette technique exige de solide connaissance notamment en anatomie.

Malgré les nombreux ouvrages sur la digitopressure ou vous stimulez vos points d’acuponcture par tapotement avec vos doigts, il est préférable de prévoir dans la semaine qui suit le jour de sevrage que vous avez au préalable défini  1 séance d’acuponcture qui pourra être renouvelée 2 ou 3 fois a 1 semaine d’intervalle.

Certains praticiens proposent une stimulation permanente des points de sevrage sur l’oreille en laissant un fils ou une pastille peu visible sur le point en question.

En ce qui concerne l’auriculothérapie et la réflexologie plantaire, la médecine chinoise considère que chaque partie du corps contient l’ensemble du corps.

Ce concept peut être difficile à appréhender mais il tend à être validé scientifiquement. Dans un tableau par exemple ceci reviendrait à imaginer que chaque point de couleur constituant l’image comprend l’image dans sa totalité.

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Auriculothérapie

L’auriculothérapie reprend ce raisonnement et stipule que l’oreille contient tout l’organisme et qu’en stimulant certains points on peut agir sur certaines parties de celui ci. Le point du sevrage tabagique au niveau de l’oreille est le Shen Men.


A titre d’exemple voici quelques points d’acuponcture :

  • Contre les intoxications : 1 travers de main au-dessus de l’oreille gauche.
  • Pour se détendre : stimulation du plexus solaire par la réflexothérapie avec l’auriculothérapie (à la racine de l’hélix) et la réflexologie plantaire (au milieu de la plante du pied)
  • Stimuler la mémoire : au sommet du crâne
  • Apaiser les maux de tête : racine du nez
  • Insomnie : gros orteil gauche
  • Dépression : pli du coude gauche
  • Prise de poids : 2 travers de doigt au-dessus du nombril
  • image441Pour stopper les arythmies par fibrillation auriculaire aussi bien que les anti arythmique comme la cordarone: le point Neiguan spot situé a trois travers de doigt au dessus du poignet gauche.

8-L’hypnose

Peu d’études ont démontré son efficacité dans le sevrage tabagique mais il est  évident que l’hypnose peut être d’une aide précieuse en particulier pour venir a bout de la dépendance psychique.

L’hypnose est un état de conscience modifiée qui peut être obtenu chez tout le monde mais certains patients sont plus ou moins réceptifs. En médecine elle est surtout utilisée  pour éviter l’anesthésie  dans certaine chirurgie.

L’idée de l’hypnose dans le sevrage tabagique est de s’adresser directement à l’inconscient, cette partie du psychisme qui nous échappe mais qui oriente nos comportements, et de le convaincre de ne plus fumer. L’hypnose repose sur le pouvoir de la suggestion.

9-Le sevrage tabagique en pratique

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Voici comment pourrait s’articuler un plan de sevrage tabagique.

PREPARATION (1 mois)

  • Apprendre la technique du 365 en particulier si fumeur anxieux.
  • Puis apprendre le calmex-press et fumer toutes les cigarettes en pleine conscience quitte à fumer de la main gauche ou à changer de marque de cigarettes.
  • Homéopathie  par Ignatia (9CH : 2×3) et Nux vomica (9CH : 2×3), aversion pour le tabac (Asarum 5CH 2×3). Desacoutumence aux drogues (Gelsénium 9CH: 2X3)
  • Supplémentation en Mg2+ (300 mg x 3 puis 400 mg / Formag) avec oméga 3 (Omegabiane DHA: 2/j), multi-vitamines (Multibiane: 2/j), antioxydants (Generactive RR 2/j).
  • Supplémentation en  tryptophane (500 mg) et/ou L-tyrosine (300 mg) en fonction du questionnaire DNS                                                                                     
  • Préparation avec l’homéopathie en fonction de la personnalité du fumeur + substances provoquant une aversion pour le tabac.
  • Phytothérapie (valériane) en fonction du niveau de stress 
  • Étape 4 de  la cohérence cardiaque + nicotine en patch (15 j avant) +/- e-cigarette. A chaque envie de fumer, calmexpress +/- gommes +/- homéopathie (Caladium 9CH: 2)                                                                                                                                                            SEVRAGE                                                                                                                   
  • Pour supporter syndrome de sevrage si c’est nécessaire : homéopathie +/- hypnose +/- e-cigarette +/- acuponcture
  • Sport +++
  • organiser la semaine du sevrage avec des activités où n’avez pas l’habitude de fumer.

BIBLIOGRAPHIE

  •  Se libérer de la dépendance au tabac, Dr Odile Heutier-Bellanger, Ed. Dauphin 18€
  • Le tabac en 200 questions, Dr Béatrice Le Maitre, Ed. de vecchi 14 €
  • Petit cahier d’exercice pour en finir avec la cigarette, Dr Charaf Abdessemed, Ed. Jouvence 6,50 €
  • S’arrêter de fumer pour les nuls,  Dr Dautzenberg, Ed. First 11,90 €
  • Sevrage tabagique des clés indispensables pour les praticiens, Dr Beatrice Le Maitre, Ed. Doin
  • Psychanalyse des addictions, Dr G Pirlot, Ed. Armand Colin
  • Au coeur de la vie, Dr Philippe Ricard, Ed Robert Laffond 20€
  • Drogues et Cerveau, Magazine Cerveau&Psycho No speciale fev-avr 2010 6,95€
  • Je ne veux plus fumer grâce a la cohérence cardiaque David O’Hare
AJR : Apport Journalier Recommandé
AVC : Accident Vasculaire Cérébral
Cho : Cholestérol
CC : Cohérence Cardiaque
FRCV : Facteur de Risque CardioVasculaire
FC : Fréquence Cardiaque
HTA : HyperTension Artérielle
IDM : Infarctus Du Myocarde
MAC : Médecines Alternatives et Complémentaires
MCV : Maladie CardioVasculaire
MS : Mort Subite
SRA : Système Nerveux Autonome
SNC : Système Nerveux Centrale : cerveau et moelle épinière
TIPI : Technique d’Identification des Peurs Inconscientes
TCC : Thérapie Cognitivo-Comportementale
Vit : Vitamine
Ω : Omega
Glossaire