1- Le cerveau

Le cerveau, mon deuxième organe préféré…

Woody Allen

Cerveau et cœur entretiennent d’intimes relations que l’anatomie traduit par un important réseau de câblage neurologique. De multiples informations circulent dans les 2 sens tant est si bien que le premier organe à explorer quand on veut saisir tout le potentiel du cœur c’est notre système nerveux central.Par ailleurs le cerveau est richement vascularisé donc protéger son coeur et ses artères  revient aussi a protéger son cerveau.

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Le cerveau est composé de 87 milliard de neurones dont chacun est doté de 10000 synapses et de 100 milliards  de cellules gliales qui soutiennent protègent et alimentent ces neurones. 1 milliard de milliards de signaux électriques circulent dans notre cerveaux  a chaque seconde a la vitesse maximale de 430 Km/h. C’est dans l’axone (cf schéma ci dessous) du neurone que l’information circule isolé des autres cellules par une gaine de myéline (comme un fils électrique) composée de cholestérol.Beaucoup de facteurs notamment alimentaires facilitent ou ralentissent la circulation de l’information électrique Il ne pèse que 1,3 kg (et sont poids n’est pas corrélé a l’intelligence. Einstein avait un petit cerveau) soit 2 % du poids du corps pour une personne de 60 kg mais consomme 20 % d’O2 et 25 % de glucose du corps humain. La notion, reprise par le film de Luc Besson dans Lucy, que nous n’utilisons que 10 % de nos capacités cérébrales est fausse.

Le cerveau est un organe fragile et il tolère très mal la privation d’O2; au bout de 2 min de manque d’oxygène il perd 2 millions de neurones/min. De même que les hypoglycémie sévère entraine de grave trouble du comportement.

Le cerveau humain est composé de 3 parties qui se mettent en place durant la vie embryonnaire selon la même chronologie que l’évolution du système nerveux de l’être vivant depuis la nuit des temps.

Avant de naitre, dans le liquide amniotique, nous sommes d’abord :

  • un reptile avec la formation du cerveau reptilien puis
  • un mammifère avec la formation du cerveau profond ou limbique ou émotionnel et enfin
  • un homme avec la formation du cortex puis du néo cortex siège du mental et de la conscience.

Plus une structure cérébrale est basse dans la boite crânienne plus elle est apparue tôt dans l’évolution de l’espèce humaine et plus elle apparaît précocement dans le développement de l’embryon humain.

Après la naissance se déroule, cette fois-ci au plan psychologique, la même évolution des structures psychiques que nos ancêtres, de l’homme de Cro-Magnon à l’homme moderne.

Ainsi toute l’évolution de l’espèce humaine se reproduit au plan psychologique, chez le bébé en accéléré.

Le développement du cerveau humain résume donc toute l’évolution des espèces, de la plus primitive jusqu’à la plus évoluée que nous connaissons aujourd’hui.

Le cerveau reptilien, la partie la plus ancienne est composée du tronc cérébral et du cervelet. Il est le siège des instincts primitifs de survie, de reproduction et de l’alimentation. Au plan physique il coordonne l’équilibre, régule la température corporelle, le rythme cardiaque, la pression artérielle et la respiration. Il assure la vie végétative (cf chapitre sur la cohérence cardiaque) et forme avec ses branches sympathique et parasympathique le système nerveux autonome (SNA).

Le cerveau profond  se situe à la base des hémisphères cérébraux. Il comprend le cerveau limbique responsable des émotions avec les 2 amygdales cérébrales puis l’hippocampe ainsi que le thalamus, l’hypothalamus, l’hypophyse (gestion des l’activités glandulaires dans l’organisme) et l’épiphyse (gestion des rythmes circadiens).

Le cerveau superficiel avec le cortex et néo cortex cérébral, siège de la conscience, des actes volontaires et des fonctions cognitives.

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Les 3 cerveaux

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Le tissu cérébral est formé de presque 100 milliards de neurones dont le rôle est de transmettre l’information aux neurones voisins ainsi qu’aux glandes et aux muscles de l’ensemble de l’organisme.

L’information est électrique sur l’axone du neurone et chimique au niveau des synapses (point de jonction entre 2 neurones) avec libération des neurotransmetteurs.

Entre les neurones il existe les cellules gliales qui les protègent, leurs apportent des nutriments et facilite la transmission nerveuse.

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Les affects

 

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Le cerveau représente 30% du poids de naissance mais contrairement à d’autres organes il continuera à évoluer après la naissance et ce jusqu’à la mort.

Chez l’adulte le cerveau peut être modifié au plan structurel et fonctionnel. C’est la plasticité cérébrale et la neurogenèse.

La plasticité cérébrale correspond à la formation de synapses entre les neurones et concerne surtout le cortex.

La neurogenèse correspond à la formation de nouveaux neurones pour accroitre nos capacités ou réparer des zones déficientes et concerne le cortex mais aussi le cerveau limbique. Durant toute notre vie le cerveau peut se modifier pour apprendre, comprendre, developper de nouvelles capacités et de nouveaux comportements. Comme un muscle il peut, par l’entrainement, nous permettre d’acquérir de nouvelles compétences comme une meilleur gestion des émotions négatives ou positives

Rôle du cerveau limbique dans le stress

Le stress se manifeste dans le corps en empruntant, notamment, 2 structures cérébrales essentiels du cerveau limbique : l’hippocampe et les amygdales.

  • Les amygdales se développent les premières chez l’embryon et leur rôle est de se souvenir de l’intensité de l’émotion mais pas forcement du contexte de celle ci. Dans ce cas, à l’âge adulte on peut ressentir une peur sans objet, sans cause apparente mais bien réelle.
  • L’hippocampe est la structure cérébrale qui permet de se rappeler du contexte de l’état émotionnel. Un individu peut se promener à la campagne et sans en avoir conscience une odeur de foin lui rappel son enfance et il ressent de la mélancolie ou pense soudainement à ses parents.

Pour que le cerveau intègre clairement une émotion il faut que ces 2 structures cérébrales travaillent ensemble (elles sont reliées par le noyau accumbens).

En d’autres termes si survient un traumatisme psychique ou même physique chez un enfant n’ayant pas encore l’hippocampe de formé, il sera soumis à un stress sans objet que seul certaines psychothérapies pourront dénicher.

 

2- Le stress oxydatif

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Il s’agit d’un stress biologique c’est à dire l’atteinte des constituants biologiques de notre organisme par un phénomène anormal d’oxydation.

Cette oxydation (qui aboutit à la dénaturation des protéines, des lipides, des sucres et même de l’ADN et  de nos cellules) provient de l’oxygène que nous respirons pour vivre.

La quasi totalité de l’oxygène que nous respirons participe à la production de l’énergie dont nous avons besoin quotidiennement.

Cet oxygène libère lors de son métabolisme dans nos cellules des molécules intermédiaires très toxiques que l’on appelle dérivés actifs de l’oxygène, les premiers radicaux libres de l’organisme.

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Ces radicaux libres vont « oxyder » des molécules voisines qui deviennent à leur tour des radicaux libres.

Débutent ainsi des réactions en chaine potentiellement dévastatrices qui altèrent jusqu’à leur destruction nos membranes cellulaires riches en lipide facilement oxydable, et nos cellules, à moins que n’interviennent à temps l’antioxydant approprié qui stoppera la réaction.

Les antioxydants sont les antidotes de la toxicité de l’oxygène et sans eux la vie telle que nous la connaissons serait tout simplement impossible.

On défini le stress oxydatif comme le déséquilibre de la balance entre la production de radicaux libres par l’organisme et nos défenses anti-oxydantes.

Ce déséquilibre expose de façon plus ou moins intense, plus ou moins prolongée, ou répétée notre organisme aux effets désastreux de ces molécules toxiques non contrôlées par des défenses anti-oxydantes insuffisantes. Inéluctablement, cette exposition se traduira par un risque plus élevé de développer des pathologies cardiovasculaires ou neurodégénératives et même des cancers.

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Par ailleurs ce phénomène biochimique est reconnu comme étant responsable du vieillissement.

La plupart des antioxydants à disposition dans l’organisme, vitamines, oligoéléments, selenium viennent des aliments que nous consommons ; les fameux fruits et légumes (en particulier colorés, cf chapitre sur l’alimentation) que nous recommandent les instances de santé.

De nombreuses études ont démontrés le lien entre le statut oxydatif d’un individu et l’incidence accrue des maladies cardiovasculaires et des cancers ainsi que l’efficacité de la supplémentation  en antioxydants (vit C, E selenium).

Beaucoup de produits en pharmacie sont proposés pour lutter contre le vieillissement et le stress oxydatif.

Comme toujours, prenez conseil auprès d’un professionnel de santé formé a ce type de médecine et préférez toujours, si possible  l’alimentation équilibrée.

Le niveau de stress oxydatif dans l’organisme peut maintenant se doser en routine par une prise de sang (Ac anti LDL oxydés, taux de vitamines et sels minéraux…). Ces examens non remboursés coutent chères et il n’est pas facile de les interpréter. Adresser vous a un medecin formé a ce type de médecine alternative (naturopathe, homéopathe, micronutritioniste…).

 2 Produits fiables :

  • Generactive Resvératrol + de chez Piléje
  • Provital 7 de chez Sofibio

Pourquoi est il conseillé de manger équilibré ou de manger « de tout » ?

Parce que l’une des lois universelles de la nature est l’interdépendance ou l’entraide ce qui revient au même.Les aliments pour nous protéger contiennent des nutriments. Pour être pleinement efficaces, ces nutriments doivent être aidés par des cofacteurs. Certains de ces cofacteurs sont contenus dans l’aliment lui même mais d’autres sont présents dans des aliments différents. Il est alors logique de les consommer ensemble.

C’est par exemple le cas du magnésium qui, pour passer la barrière digestive, doit avoir de la taurine  pour entrer dans les cellules de la vitamine B6.

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             Quelques facteurs augmentant le stress oxydatif

Quelques exemple des effets du stress oxydant.

Coeur Thrombose coronaire
Vaisseaux Athérosclérose
Poumon Asthme
Peau Psoriasis, photosensibilité
Cerveau Trauma, Parkinson, démence
Oeil Cataracte
Articulation Arthrite
Rein néphropathie

3- Le coeur

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point

Pascal

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Le  cœur ou myocarde est un muscle involontaire, c’est à dire  que notre conscience ou notre volonté ne peuvent pas modifier son fonctionnement.

C’est un muscle particulier pour plusieurs raisons.

Le cœur a une capacité dadaptation hors norme. Contrairement aux muscles périphériques, une charge d’entrainement intense ne modifiera que très peu sa structure et son fonctionnement. Par exemple, l’hypertrophie myocardique du cœur d’athlète reste très relative et modérée par rapport aux muscles des bras ou des jambes.

De ce fait, il n’est jamais le facteur limitant à l’effort.

Le cœur est connu pour sa fonction pompe c’est a dire l’éjection mécanique du sang et  l’oxygénation de  l’ensemble des organes et autres tissus de l’organisme. Mais il se comporte aussi comme une glande en produisant de nombreux facteurs biochimiques pour communiquer avec le reste de l’organisme.

Le cœur comme le cerveau a une certaine autonomie, une intelligence propre. Il peut se contracter seul, par exemple : un cœur retiré de la cage thoracique et posé sur une table pourra encore battre plusieurs minutes grâce au fonctionnement de sa batterie interne.

Aussi le coeur se nourri lui même en oxygène par ses artères coronaires.

C’est l’organe, qui probablement, est le plus relié au cerveau. Le câblage neurologique est riche permettant un véritable dialogue permanent entre les 2 organes, ce qui explique que depuis longtemps le coeur soit considéré comme le centre des émotions. La médecine chinoise traditionnelle assimilait le cœur au cerveau et à l’esprit.

Son poids est de  300g, son volume correspond à 1.5 de la taille du poing, et il éjecte 5 litres de sang à chaque contraction.

Le cœur est formé de plusieurs cavités de manière à pouvoir se remplir de sang oxygéné pendant sa contraction. Ces 4 cavités lui permettent donc de faire 2 choses à la fois.

Ces cavités communiquent entre elles par des valves qui sont des petites portes battantes (comme dans les saloons des westerns) s’ouvrant et se fermant en fonction du jeux des pressions intracardiaques. Ces valves ne sont ni vascularisées ni innervées et peuvent donc se remplacé si elles ne fonctionnent plus.En cas de remplacement valvulaire biologique (valve de porc) il n’y a jamais de rejet par l’organisme comme dans les autres greffes

La cavité principale, la plus épaisse est le ventricule gauche (VG) qui éjecte le sang dans l’organisme par l’aorte. Pendant que le ventricule gauche travaille, l’oreillette gauche se remplie du sang oxygéné grâce au soufflet pulmonaire.

Quand le VG se contracte c’est la systole. Puis la valve aortique se ferme quand la pression intra-cavitaire diminue et la valve mitrale s’ouvre quand la pression de l’oreillette gauche devient supérieure à la pression dans le ventricule gauche. Le ventricule gauche se laisse distendre pour se remplir; c’est la diastole. Systole et diastole correspondent aux 2 chiffres de pression artérielle.

Reprenons le cycle cardiorespiratoire.

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Circulation du sang dans l’organisme. En rouge le sang artériel apportant 02 et nutriments aux organes et aux muscles et en bleu le sang veineux récupérant les déchets et le CO2.

Après avoir nourrit d’oxygène les différents organes du corps, le sang désoxygéné circule dans le réseau veineux ; c’est le retour veineux.

Ce sang bleue remonte jusqu’à l’oreillette droite puis passe dans le ventricule droit puis dans le poumon par l’artère pulmonaire pour récupérer de nouvelles molécules d’oxygène puis revient au cœur par les veines pulmonaires dans l’oreillette gauche.

L’oreillette gauche éjecte ce nouveau sang rouge dans le ventricule gauche qui par sa puissante contraction délivrera à l’ensemble de l’organisme du sang enrichit grâce à la circulation artérielle.

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1-Oreillette droite 2-Oreillette gauche 3-Veine cave supérieure 4-Aorte 5-Artère pulmonaire 6-Veines pulmonaires 7-Valve mitrale 8-Valve aortique 9-Ventricule gauche 10-Ventricule droit 11-Veine cave inferieure 12-Valve tricuspide 13 Valve pulmonaire

Durant la vie embryonnaire, le sang est oxygéné par le cordon ombilical et ne passe pas dans le poumon comme dans la chirurgie cardiaque ou le cœur est refroidi pour être arrêté et le sang est oxygéné par une machine, c’est la circulation extracorporelle.

Quand on parle de maladie cardiaque c’est bien souvent le ventricule gauche, partie principale du cœur qui est concerné. Les valves peuvent aussi dysfonctionner c’est à dire ne pas se fermer complètement, il s’agit de fuite, ou ne pas s’ouvrir totalement, il s’agit de rétrécissement.

Enfin le tissu électrique à l’origine de la contraction mécanique du cœur peut être endommagé.

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L’impulsion électrique nait au fond de l’oreillette droite (le nœud sinusal qui donne la fréquence cardiaque) puis ensemence celle-ci progressivement comme lorsque l’on jette un caillou dans l’eau et que se forment des ondes à la surface qui s’étendent de proche en proche.

L’influx électrique arrive à un relai entre les oreillettes et les ventricules c’est le nœud auriculo-ventriculaire. Puis l’électricité descend dans les ventricules droit et gauche par deux câbles électriques, la branche droite et la branche gauche.La branche gauche se divise en 2 branches antérieur et postérieur

On parle de bradycardie lorsque le rythme cardiaque est lent et de bloc électrique lorsque l’influx nerveux est ralenti ou  passe plus lentement dans les branches du  tissu conductif.


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Le traitement peut être la mise en place d’un stimulateur cardiaque ; c’est le pacemaker. Le boitier sous la peau correspond à la pile et de celle ci descendent une ou deux sondes électriques vissées dans les cavités droites.


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Pacemaker cardiaque

Les extrasystoles correspondent à la mise en marche inappropriée des batteries de secours alors même que le nœud sinusal fonctionne correctement.

Ces extrasystoles lorsqu’elles s’enchainent les unes derrières les autres peuvent accélérer le cœur et générer un phénomène de tachycardie (cœur trop rapide).

Les tachycardies sont en quelque sorte le négatif des bradycardies.

Dans le premier cas le cœur bat trop vite et il faut le ralentir et dans le deuxième cas, le coeur bat trop lentement et il faut l’acclerer.

Dans les situations d’urgence où il y a une  perte de connaissance et un arrêt cardiaque ou une bradycardie excessive il faut pratiquer un massage cardiaque.

S’il s’agit d’une tachycardie grave comme la fibrillation ventriculaire, il faut utiliser un défibrillateur (DAE, Défibrillateur Automatique Externe) présent maintenant dans beaucoup de lieux publics.

Choc électrique
Choc électrique
Massage cardiaque
Massage cardiaque
Défibrillateur (DAE)
 Défibrillateur (DAE)
Positionnement des patchs
Positionnement des patchs

 

 

 

 

Si les pathologies ischémiques sont très souvent en rapport avec le mode de vie, les maladies des valves et du tissu électrique le sont en revanche beaucoup moins.

 


Le réseau coronaire

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Ce sont les artères qui vascularisent le muscle cardiaque. Elles naissent de la partie initiale de l’aorte au dessus de la valve aortique et se remplissent à contre courant pendant la diastole (valve aortique fermée et phase de remplissage du ventricule gauche).

Lorsque elles sont pathologiques avec la formation de plaques d’athérome, il peut exister un déséquilibre entre l’apport et la demande en O2 du cœur pour assurer son travail mécanique. Il en découle une situation d’ischémie ou une partie du muscle cardiaque « étouffe ».

Si ce manque d’O2 se prolonge les cellules musculaires en aval du rétrécissement coronaire meurent. C’est l’infarctus du myocarde ou ces cellules mortes sont remplacées par de la fibrose, matériel inactif et incapable de se contracter.

Les artères coronaires courent sur la surface du muscle cardiaque et plongent à certains endroits pour vasculariser les couches profondes.

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Bien visible à l’œil nu les anciens les ont comparées à une couronne d’ou leur nom « coronaires ».

Leur disposition spatiale ressemble à un arbre sans feuille. Il existe un tronc, 3 grosses branches, des branches moyennes et des brindilles. Les branches suffisamment grosses peuvent être traitées par dilatation ou pontage lorsqu’elles sont rétrécies contrairement aux branches plus petites (< 2 mm).


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Arbre coronaire en coronarographie avec sténose indiqué par le flèche.

Les 3 branchent principales, les plus souvent traitées sont l’interventriculaire antérieur (IVA) vascularisant la partie antérieur du ventricule gauche (VG), la circonflexe vascularisant la partie latérale du VG et la coronaire droite vascularisant la partie inferieur du VG et le ventricule droit beaucoup moins épais.

Enfin les artères coronaires comme tous les vaisseaux de l’organisme ne sont pas de simples tuyaux inertes.

Un vaisseaux réagit à beaucoup de facteurs en se dilatant (via la production par les cellules vasculaires elles mêmes de NO) ou en se  spasmant comme en cas de stress ou par grand froid. Tous les vaisseaux de l’organisme ont une capacité d’extraction de l’oxygéné modulable. Un muscle à l’effort commencera par ponctionner d’avantage d’O2 dans son vaisseau nourricier et la différence entre le taux d’O2 entre l’artère afférente et la veine efférente sera bien plus importante.

Ce phénomène d’augmentation de l’extraction de l’O2 ne se produit pas au niveau des artères du cœur car cette extraction est d’emblée maximale. En d’autres thermes, pour augmenter sa consommation d’O2 le myocarde dépend totalement de la capacité des coronaires à se dilater. Voilà pourquoi un rétrécissement vasculaire peut être aussi dangereux.

Par ailleurs une autre démonstration de l’intelligence de nos artères : si un vaisseaux est rétréci, les vaisseaux avoisinant vont se développer de manière à contourner l’obstacle et créer ainsi une  circulation collatérale afin de maintenir un apport suffisant en oxygène.

C’est la néo-vascularisation parfois très efficace au niveau des jambes ou certains patients n’ont aucune difficulté à marcher malgré des gros troncs artériels complétement occlus mais aussi au niveau du cœur ou une coronaire peut se boucher sans signe d’infarctus.

4- L’épaisseur intima média en cardiologie

Les consultations cardiologiques, en plus d’établir des diagnostics et de proposer des traitements, permettent aussi d’évaluer la probabilité de survenu d’un accident cardio-vasculaire dans l’avenir.

Lorsque l’on parle des FRCV, on se rapporte à l’échelle statistique d’une population. Par exemple on peut dire que les fumeurs ont plus de risque de subir un infarctus que les non fumeurs. Mais qu’en est- il d’un fumeur en particulier ?

La mesure de l’épaisseur intima média en échographie vasculaire (EIM) permet d’établir un risque à l’échelle individuelle. L’EIM correspond à l’épaisseur interne du vaisseau et est l’un des facteurs pronostics les plus pertinents et des plus simples à mesurer.

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adventice (gris), média (rose) et intima (blanc)

La paroi vasculaire comprend 3 couches de cellules bien distinctes ; en partant de l’extérieur on retrouve l’adventice, puis la média au milieu et ensuite l’intima comprenant l’endothélium vasculaire au contact des éléments figurés du sang.

L’adventice est formée de tissus conjonctifs et est peut spécifique. Cette tunique externe est le point d’arrimage des vaisseaux aux tissus adjacents. La média est formée de cellules musculaires. Cette tunique peut s’hypertrophier notamment en cas d’hypertension artérielle. L’intima, la partie la plus interne comprend l’endothélium vasculaire, interface entre le vaisseau et le sang, et peut héberger les fameuses plaques d’athérome.

Plusieurs années avant la formation de la plaque ont peut voir apparaître une inflammation de l’intima se traduisant par une élévation de l’épaisseur intima média bien individualisable et mesurable en échographie vasculaire.

L’EIM est en général mesuré au niveau des carotides fidèle reflet de l’état vasculaire cérébral et coronarien.

Épaississement vasculaire avant la formation de la plaque
Épaississement vasculaire avant la formation de la plaque
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          Mesure EIM carotidienne

 

 

 

 

 

 

 

En Pratique :

EIM fine, dans les normes pour l’âge : risque cardiovasculaire individuel bas ou normal.

 EIM : risque cardiovasculaire individuel élevé : sujet à surveiller.


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Par ailleurs en cas de FRCV comme l’HTA ou un trouble métabolique, la mesure de l’EIM permet d’orienter la conduite à tenir thérapeutique.

Schématiquement en cas d’EIM fine, la correction du facteur de risque relèvera plutôt de l’hygiène de vie et des méthodes alternatives. En cas d’EIM ↑ on s’orientera plus volontiers d’emblée vers un traitement allopathique.


 

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Athérome carotidien

D’autres facteurs pronostics sont mesurables en routine comme l’indice de pression de cheville correspondant au rapport entre les pressions de la cheville (tibiale antérieur, pédieuse et tibiale post) et la pression du membre supérieur. Cette indice  doit être > a 0,7. Une valeur < 0,7 signifie qu’il existe un obstacle sur le réseau vasculaire entre le cœur et les pieds comme des plaques d’athérome.

 

 

Endartériectomie d’une bifurcation carotidienne

L’athérome a formé un moule rigide de l’artère qui a été décollée par le chirurgien. Parfois on peu visualiser des hématomes au sein de la plaque responsable d’occlusion aigue du vaisseau avec très haut risque d’AVC. Les statines dans de nombreuses études ont démontrées une action stabilisatrice de plaque  avec moins d’hématomes et une composition plus rigide de l’athérome et donc moins de risque de décollement emboligéne.


5- Le test d’effort

Le test d’effort est un ECG pratiqué à l’effort, en général sur bicyclette, plus rarement sur tapis roulant. Cet examen se pratique obligatoirement, comme l’exige la législation, en clinique équipé d’un centre de soins intensifs ou de réanimation et en présence d’un cardiologue et d’une infirmière diplômée d’état.

C’est l’examen de dépistage de la maladie coronaire le plus pratiqué en cardiologie.

Le cœur est un muscle et comme tous les muscles sa consommation d’oxygène est accrue au cours de l’exercice.

S’il existe un rétrécissement de l’une des artères nourricières du coeur (les artères coronaires courant sur le muscle cardiaque et formant une couronne) même modéré, de l’ordre de 40%, l’examen permettra de le détecter. Au repos il faut que la sténose soit > à 70% pour qu’il y ait des manifestations cliniques.

Autrement dit le test d’effort permet de détecter de manière précoce des anomalies coronaires débutantes. Sachant que la douleur thoracique est facultative en cas d’angine de poitrine, le test d ‘effort est l’examen clé chez les patient à haut risque cardiovasculaire (fumeur, diabétique…)

Même si la capacité physique est importante car, abaissée elle reflète un mauvais état de santé, le test d’effort n’est pas un examen réservé au sportif.

Le but du test est d’élever suffisamment la fréquence cardiaque pour pouvoir conclure. Certains patients sont obligés de prolonger l’effort en cas de limitation musculaire mais celui-ci en général ne dépassera pas 10 min.

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Test d’effort cardiologique sur vélo

Certains patients craignent le test d’effort et ont le sentiment que forcer au court d’un exercice physique peut être dangereux pour leur santé.

Tout d’abord la durée de l’exercice n’excède pas une dizaine de minutes comme il l’est dit plus haut, ce qui évite tout éventuel traumatisme musculo-tendineux.

Ensuite ce n’est pas l’exercice quelque soit son intensité qui est dangereux pour le cœur mais bien au contraire la sédentarité.

Et puis, s’il survient un incident cardiaque ce qui est, en fait rarissime, la prise en charge médicale sera immédiate. Ce qui n’aurait pas été le cas en cas de malaise cardiaque au court d’une activité physique domestique.

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De plus la plupart des accidents au court des tests d’effort répertoriés par la Société Française de Cardiologie sont bénins et en rapport avec la montée ou la descente de la bicyclette.

Donc, soyez en sûr, le dessinateur Goscinny fut l’exception qui confirme la règle.

Pour terminer, le test d’effort comme tout examen médical n’est pas sûr à 100% et certains patients malgré tout seront victimes d’un accident cardiaque après un test normal et d’autres seront inquiétés inutilement après un examen faussement anormal. C’est l’inconvénient de tout examen médical de dépistage. Mais statistiquement parlant après une visite cardiologique normale et un test d’effort rassurant vous avez de très forte chance d’être en parfait état de santé.

 

6 – L’ athérosclérose est-elle une maladie inéluctable liée au vieillissement ?

image3L’ image de l’athérosclérose comme maladie liée au vieillissement est ancienne. Avec le temps, les artères perdent de leur souplesse, durcissent et s’encrassent. Ce phénomène peut apparaitre très tôt dans la vie et touche la plupart d’entre nous. Mais il existe quand même dans la population des sujet plus chanceux que d’autre avec pas ou peu de lésions vasculaires

Homo sapiens, apparu il y a environ 200 000 ans, et qui s’est imposé sur Homo neanderthalensis ( en empruntant au passage 3 à 4 % de son patrimoine génétique), a vécu pendant tout ce temps comme un chasseur-cueilleur. Sa nourriture était composée essentiellement de fruits frais, de légumes, de tubercules et de viande crue.  Son corps s’est adapté à ce mode de vie par des mutations génétiques sous la pression de l’environnement: dentition, muscles masticatoires, développement des moyens de préhension pour cueillir, broyer, système digestif pour digérer fruits et et légumes bien plus riches en fibres que ce nous connaissons actuellement, modification du squelette et des muscles pour permettre de longues marches. Cette évolution c’est faite sur plusieurs dizaine de millier d’années.

Pendant cette période, Homo sapiens passait son temps a chercher la nourriture  sur de longues distances afin d’obtenir l’énergie nécessaire à sa survie.Il mangeait, ce qui lui prenait beaucoup de temps car la mastication de certains aliments lui demandait plusieurs heures , et il dormait.

Lorsque l’agriculture apparut il y a 10 000 ans et se développa, Homo sapiens n’avais plus a parcourir ces longues distances mais dépensait toujours autant d’énergie car la mécanisation des taches n’existaient pas encore. L’agriculture bouleversa son mode de vie, amenant les individus a vivre en communauté ainsi qu’en promiscuité avec les animaux ce qui fit le lit des maladies infectieuses, première cause de mortalité a cette époque. En faisant un long saut en avant on se retrouve à la fin du XVIII siècle ou la révolution industrielle provoque un deuxième bouleversement par la mécanisation de certaines taches.

Ainsi, l’énergie moyenne dépensée n’a cessé de diminuer alors que notre apport énergétique, par le biais de l’offre alimentaire, n’a cesser de croitre. Les aliments transformés voient le jour, bourrés de substances toxiques,  pour la santé physique et psychique. Un simple bilan énergétique permet d’expliquer une partie de l’épidémie d’obésité.

On peut considérer une 3eme révolution; c’est celui des écrans qui fini par totalement sédentariser les jeunes générations alors qu’auparavant le sport constituait une part importante du temps libre.

Alors est ce que ce changement relativement rapide de notre mode de vie est il réellement responsable de l’athérosclérose?

L’analyse de certaines peuplades (Pygmées d’Afrique, Papous de Nouvelle-Guinée…) restées chasseurs-cueilleurs permet de répondre. L’athérosclérose reste exceptionnelle dans ces populations avec absence d’HTA par exemple. Mais ci ces sujets viennent vivre dans nos pays modernes alors ils ferons comme tout le monde et contracterons les FRCV et ses complications souvent mortelles;

Une preuve supplémentaire que l’athérosclérose est une maladie du mode de vie, qu’elle est silencieuse et quasi inéluctable et présente les caractéristiques des « mismatch disease » des Anglo-Saxons c’est a dire une maladie due a l’inadéquation de l’organisme avec son environnement.

AJR : Apport Journalier Recommandé
AVC : Accident Vasculaire Cérébral
Cho : Cholestérol
CC : Cohérence Cardiaque
FRCV : Facteur de Risque CardioVasculaire
FC : Fréquence Cardiaque
HTA : HyperTension Artérielle
IDM : Infarctus Du Myocarde
MAC : Médecines Alternatives et Complémentaires
MCV : Maladie CardioVasculaire
MS : Mort Subite
SRA : Système Nerveux Autonome
SNC : Système Nerveux Centrale : cerveau et moelle épinière
TIPI : Technique d’Identification des Peurs Inconscientes
TCC : Thérapie Cognitivo-Comportementale
Vit : Vitamine
Ω : Omega
Glossaire